Le gouvernement veut que les personnes trans puissent utiliser leur prénom d’usage à l’université

DROITS LGBTI Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, estime que cela devrait être « un droit ».

R.G.-V. avec AFP

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Lors de la manifestation parisienne annuelle pour les droits des personnes transgenre, l'Existrans.
Lors de la manifestation parisienne annuelle pour les droits des personnes transgenre, l'Existrans. — FRANCOIS GUILLOT / AFP

Cela pourrait être une décision importante pour les personnes trans. La ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal veut que l’utilisation par l’administration du prénom d’usage, choisi par des personnes transgenres pendant leur transition, devienne « un droit » dans l’ensemble des établissements du supérieur, annonce-t-elle vendredi dans un entretien à Têtu.

« Il faut que chaque personne puisse utiliser le prénom qu’elle souhaite sur les listes d’appel et d’examen, ainsi que sur les cartes étudiantes », dit la ministre. « Il faut également simplifier les procédures afin de modifier les noms sur les diplômes une fois que le changement à l’état civil a été fait ».

Certains établissements ont ouvert la voie

Aujourd’hui, la modification officielle du prénom, à l’état civil, est encore longue est fastidieuse pour les personnes transgenre. Et en attendant cette étape, elles ont souvent les pires peines du monde à se faire appeler par le prénom qu’elles ont choisi. Ce qui empêche souvent de trouver un logement, du travail… et donc d’être reconnu dans son propre établissement scolaire. Cette nouvelle disposition, transitoire, pourrait donc être un plus.

Une quinzaine d’universités reconnaissent déjà le prénom d’usage, rappelle la ministre. Le reconnaître « fait partie des petites choses qui ne sont vraiment pas compliquées à mettre en place, mais qui ont un impact important pour les personnes concernées », estime-t-elle. Pour y parvenir, elle compte « adresser un courrier à l’ensemble des chefs d’établissements de l’enseignement supérieur ». « Lorsqu’il y aura des difficultés et qu’elles seront signalées, il faudra comprendre d’où elles viennent et les lever », indique Frédérique Vidal.

Une nouvelle campagne contre les discriminations

La plupart des associations de personnes transgenres réclament un changement d’état civil « libre et gratuit », qui simplifierait la procédure, mais qui n’existe pas en France, contrairement à certains pays en pointe. Aujourd’hui, même si le chemin a été allégé en 2016 (un certificat médical n’est, en théorie, plus obligatoire) il faut toujours en passer par le tribunal et l’emploi d’un avocat.

Frédérique Vidal annonce aussi que son ministère va « soutenir financièrement plusieurs associations (Le Refuge, SOS Homophobie, le centre LGBT de Paris) ». Elle va également demander aux Crous de mettre à disposition des chambres dans les cités universitaires, partout en France, au profit de l’association Le Refuge, en commençant pendant les périodes où ces logements sont vides, pendant l’été et les vacances scolaires.

Une campagne de lutte contre les discriminations envers les personnes LGBT + sera par ailleurs lancée à la rentrée 2019-2020, la première depuis 2015, souligne la ministre. Pour améliorer la formation des enseignants sur le sujet, une formation sur « les valeurs de la République » sera ajoutée dans le tronc commun du programme des Écoles Supérieures du Professorat et de l’Education (ESPE). « Il y aura, à l’intérieur, un module pour aider les futurs professeurs du primaire et du secondaire à gérer les discriminations », indique Frédérique Vidal.