Radars détruits: Les forces de l'ordre poursuivent les contrôles routiers et traquent les auteurs de dégradations

SECURITE ROUTIERE Alors que de nombreux radars ont été détruits depuis le début de la mobilisation des « gilets jaunes », le nombre de morts sur les routes augmente

Thibaut Chevillard

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75% des radars fixes ont été détruits ou endommagés depuis le début de la mobilisation des "gilets jaunes", a indiqué récemment le ministre de l'Intérieur
75% des radars fixes ont été détruits ou endommagés depuis le début de la mobilisation des "gilets jaunes", a indiqué récemment le ministre de l'Intérieur — AFP
  • Le nombre de morts sur les routes a augmenté de 17,1 % en février, soit 37 morts de plus qu’en février 2018.
  • Selon Emmanuel Macron, cette hausse est liée aux nombreuses destructions de radars commises depuis le début de la mobilisation des « gilets jaunes ».
  • Policiers et gendarmes continuent d’effectuer des contrôles aux bords des routes… et traquent les auteurs qui s’en prennent à ces appareils.

Treize radars détruits en Vendée courant janvier, trois autres incendiés en février dernier dans le Pas-de-Calais… Depuis le début de la mobilisation des «  gilets jaunes », le 17 novembre, environ « 75 % du parc de radars a été soit détruit, soit détérioré, soit attaqué, soit neutralisé », avait indiqué sur France 2, au début du mois, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. Soit 2.400 appareils sur 3.200. Or, selon les derniers chiffres publiés par la sécurité routière ce jeudi, le nombre de morts sur les routes est en hausse de 17,1 % en février, soit 37 personnes tuées de plus qu’il y a un an.

La sécurité routière voit dans ces mauvais résultats « l’effet de la forte dégradation des radars fixes » qui « se traduit par un relâchement des comportements sur l’ensemble des réseaux ». En déplacement ce jeudi à Angers, le président de la République a fustigé les «  comportements inadmissibles » des « gilets jaunes » et des anti-80 km/h qui s’en prennent aux radars pour dénoncer le « racket » de l’Etat. Emmanuel Macron estime, lui aussi, que l’augmentation du nombre de victimes sur les routes est la conséquence de ces actes.

« D’autres facteurs qui rentrent en compte »

Si les gendarmes, qui assurent la sécurité sur 95 % du territoire, observent les nombreuses dégradations de radars aux bords des routes, ils ne font pas forcément de corrélation avec cette hausse importante. « Il peut y avoir d’autres facteurs qui rentrent en compte », explique à 20 Minutes un officier. Même s’il n’est pas question que les militaires compensent les destructions d’appareil, ils ont intensifié par endroits les contrôles et les passages des patrouilles, notamment dans « les zones particulièrement accidentogènes » identifiées par les escadrons départementaux de sécurité routière.

Les policiers, eux, n’ont pas reçu de consignes particulières pour augmenter le nombre de contrôles. « Nous ne pouvons pallier la destruction de tous les radars », indique une autre source policière à 20 Minutes. Ce qui ne les empêche pas de poursuivre les opérations de contrôle classiques. En revanche, pour tenter d’empêcher la destruction de radars fixes – surtout ceux déjà ciblés –, il arrive que des responsables de services de police mettent en place des « souricières », c’est-à-dire des agents qui tentent de prendre les auteurs en flagrant délit.

Des enquêtes en cours

Plusieurs enquêtes ont aussi débouché sur des arrestations. Pas plus tard que ce jeudi, neuf « gilets jaunes » ont été mis en examen pour « dégradations aggravées » et « association de malfaiteurs », a fait savoir le procureur de Chaumont (Haute-Marne). Ils sont suspectés par les enquêteurs du SRPJ de Reims d’avoir détruit, entre novembre et décembre 2018, des radars mais aussi des horodateurs à Saint-Dizier. En février, deux autres « gilets jaunes » avaient été surpris par les gendarmes en train de mettre le feu à un radar fixe à Veauche, dans la Loire. Eux aussi ont été mis en examen.

Quelles sont les peines encourues ? Pour l’endommagement d’un appareil, les sanctions peuvent aller jusqu’à 30.000 euros d’amende et deux ans de prison. Une destruction est passible de 75.000 euros d’amende et cinq ans d’emprisonnement. En attendant, les autorités font le maximum pour réparer et remplacer les radars endommagés, dont le coût est compris entre 30.000 et 70.000 euros. « Pour les réparations, on a multiplié les équipes par quatre et même s’ils sont parfois "recouverts" rapidement, on recommence », a assuré le délégué interministériel à la Sécurité routière, Emmanuel Barbe. Le remplacement des radars détruits est, lui, « plus complexe et plus long ».