Pédophilie dans l’Eglise : « Une des crises les plus graves » pour 8 Français sur 10

SONDAGE Conséquences de ces affaires, 56 % des personnes sondées disent avoir une « mauvaise opinion » de l’Eglise catholique

20 Minutes avec AFP

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Le cardinal Philippe Barbarin a été condamné à six mois de prison avec sursis pour non dénonciation des abus sexuels d'un prêtre
Le cardinal Philippe Barbarin a été condamné à six mois de prison avec sursis pour non dénonciation des abus sexuels d'un prêtre — SIPA

Huit Français sur dix considèrent que les affaires de pédophilie​ constituent « une des crises les plus graves » que l' Eglise ait traversée, et six sur dix que le pape gère « mal » la situation, selon un sondage Odoxa pour Témoignage chrétien rendu public mercredi. Au total, 83 % pensent que les « affaires de pédophilie et d’agressions sexuelles constituent une des crises les plus graves que l’Eglise » ait connue.

En outre, 56 % des personnes sondées disent avoir une « mauvaise opinion » de l’Eglise catholique (contre 32 % en octobre 2010 selon un précédent sondage TNS Sofres pour le magazine Pèlerin). 62 % des Français jugent que ces affaires ont dégradé leur regard sur l’Eglise et 69 % que ces scandales ont changé leur regard sur les évêques et les prêtres de France.

La solution ? « Autoriser le mariage des prêtres »

Face à la crise, 65 % des personnes interrogées pensent que le pape gère « mal » la situation (34 % jugent qu’il la gère « bien »). Cette étude a été menée juste après le refus par le pape François de la démission du cardinal Philippe Barbarin, condamné à six mois de prison avec sursis pour non-dénonciation des abus sexuels d’un prêtre.

Par ailleurs, 45 % des sondés estiment qu’on ne parle « pas assez » de ces affaires « dans les médias », contre 39 % qui considèrent que ces derniers en parlent « juste comme il faut ».

Interrogés sur quatre propositions de réforme pour éviter de nouveaux scandales, les Français répondent en premier lieu « autoriser le mariage des prêtres » (85 %), en deuxième « autoriser les femmes à devenir prêtres » (78 %). « Donner moins de pouvoir dans l’Eglise aux ecclésiastiques et en donner plus aux laïcs » arrive en troisième proposition (57 %), à égalité avec « donner plus de pouvoir dans l’Eglise à la hiérarchie afin qu’elle puisse mieux contrôler les prêtres ».

Les catholiques particulièrement choqués

Si l’on ne regarde que l’avis des catholiques (qui représentent la moitié de l’échantillon de cette étude), 87 % d’entre eux jugent que ces affaires représentent « une des crises les plus graves » que l’Eglise ait traversée. Ce sondage a été réalisé les 20 et 21 mars, à partir d’un échantillon de 1.001 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1 points.

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