Bordeaux: HandsAway, l'application d'alerte sur les violences sexuelles veut développer son réseau

SOCIETE L’application créée en octobre 2016 permet d’émettre des alertes géolocalisées sur des violences sexistes et sexuelles quand on en est victime ou témoin

Elsa Provenzano

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Sur le campus, certaines zones sont jugées peu sécurisantes.
Sur le campus, certaines zones sont jugées peu sécurisantes. — VALINCO/SIPA
  • L’application HandsAway, créée par une association en octobre 2016, permet d’émettre des alertes géolocalisées quand on est victime ou témoin de violences sexuelles ou sexistes.
  • L’association veut renforcer le nombre d’utilisateurs de cette application gratuite dans les grandes villes comme Bordeaux, dont le campus est jugé peu sécurisant par les étudiants.
  • Une campagne de crowdfunding a été lancée pour enrichir l’application d’une cartographie sur les lieux pouvant aider les utilisateurs.

« Depuis trois semaines, je me suis fait aborder ou suivre au moins trois fois », raconte Mathilde Laussucq, étudiante et bénévole à Bordeaux pour l'association HandsAway (qu’on peut traduire par « bas les pattes » en français). Celle-ci a lancé en octobre 2016 une application du même nom, qui permet d’émettre des alertes géolocalisées sur des violences sexistes et sexuelles quand on en est victime ou témoin. Elle compte aujourd’hui 40.000 utilisateurs sur toute la France, dont 70 % de femmes.

Mathilde travaille à faire mieux connaître l’application (gratuite) aux étudiants bordelais afin d’arriver à une masse critique d’inscriptions, gage de son efficacité. Elle estime qu’elle peut être très utile sur un campus « hypergrand, mal éclairé et sur lequel il n’est pas très rassurant de circuler après 22h ».

Un campus bordelais peu sécurisant

La jeune fille étudie à l’école de commerce Kedge, proche de l’arrêt Arts et Métiers du tramway. « Les étudiantes essaient de rentrer en groupe », précise-t-elle. La direction de l’université de Bordeaux avait incité les étudiants à ne pas circuler seuls sur le campus après l'agression sexuelle d'une étudiante fin novembre, aux abords de la station Doyen Brus. Les rondes des policiers avaient aussi été renforcées.

« L’application permet d’alerter et peut aussi être utilisée comme un exutoire grâce à la possibilité de témoigner, il faut se rappeler qu’elle a été lancée avant #metoo et #balancetonporc, explique Léa Thuillier, responsable de la communication chez HandsAway. Elle géolocalise le lieu de l’agression et peut apporter un premier réconfort via les commentaires ».

Aider à l’orientation des victimes

Depuis le 7 février, l’association a lancé une campagne de crowdfunding pour proposer une cartographie de tous les lieux qui peuvent aider les utilisateurs de l’application (permanences juridiques, associations, commissariats etc.) « On veut la mettre à disposition car on reçoit beaucoup de contacts par mails ou sur nos réseaux sociaux de gens qui nous disent : "je suis victime, je ne sais pas quoi faire" »

L’application a bénéficié d'un financement par le secrétariat d'Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes pour se lancer. D’autres applications avec des objectifs proches se développent en France comme Garde ton corps, Eyes up et touche pas à ma pote, en Belgique.