VIDEO. Gironde: «De la fourche à la fourchette», ces éleveurs font tout eux-mêmes

AGRICULTURE Ils viennent d’ouvrir leur propre abattoir et y proposent sur place de la vente directe

Clément Carpentier

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La nouvelle boucherie du groupement des éleveurs girondins à Bègles.
La nouvelle boucherie du groupement des éleveurs girondins à Bègles. — Clément Carpentier - 20 Minutes
  • Le groupement des éleveurs girondins a ouvert son propre abattoir.
  • Cette coopérative de 150 agriculteurs maîtrise sa production de A à Z.
  • Elle vient d’ouvrir sa cinquième boucherie sur place dans le département.

De A à Z ! Depuis quelques jours, plus rien n’échappe au GEG (groupement des éleveurs girondins) avec l’ouverture de leur propre abattoir à Bègles. « C’était le chaînon manquant », glisse Philippe Nompeix, le directeur général de cette coopérative de 150 producteurs de l’Aquitaine (120 en bovins et 30 en ovins). Ils produisent aujourd’hui leur viande « de la fourche à la fourchette » comme leur slogan l’indique. Et ce n’est donc pas qu’un slogan !

Installée rue Radio-Londres, cet établissement voit enfin le jour après la fermeture en 2011 des abattoirs de Bordeaux. Depuis cette date, les éleveurs devaient notamment envoyer leurs bêtes à Bergerac. Aujourd’hui, ils retrouvent une forme de circuit court. « Il n’y a pas plus d’une heure et demie de transport pour l’animal, c’est très important », rappelle Nelson, un des salariés. Et l’abattoir du GEG se veut exemplaire.

Installation sonore pour les animaux

Pour son directeur, « l’établissement n’est pas là pour faire de la quantité mais de la qualité. On est sur 700 tonnes à l’année de viande alors qu’à Bergerac ils font 7.000 tonnes. C’est une production purement locale avec seulement trois jours d’abattage. » Les responsables ont une formation RPA (responsable protection animale) et Philippe Nompeix tient à dire qu’une installation sonore pour détendre les bêtes est en cours d’installation comme la vidéosurveillance, « c’est tout à fait normal. »

La chaîne d'abattage se veut exemplaire selon les dirigeants de la coopérative.
La chaîne d'abattage se veut exemplaire selon les dirigeants de la coopérative. - Clément Carpentier - 20 Minutes

L’abattoir abat en moyenne 15 à 20 vaches, 5 à 10 veaux ou encore 50 à 100 agneaux par semaine, loin des standards d’un établissement classique. Si ces éleveurs ne veulent « pas mettre de côté la grande distribution », aujourd’hui « ils se focalisent clairement sur le circuit court, un terme qui n’existait même pas dans notre langage il y a deux ans. C’est vraiment une évolution pour nous », souligne Serge Chiappa, président du GEG et lui-même éleveur à Gironde-sur-Dropt.

De la vente directe à la sortie de l’abattoir

A Bègles, ils viennent donc d’ouvrir leur cinquième boutique. Un endroit « génial et rassurant » pour Zora, qui vient y faire ses courses. « On se veut totalement transparent », explique Philippe Nompeix. Lors du premier samedi d’ouverture, la boucherie a accueilli une soixantaine de clients prêts à payer le prix. C’est également cela l’enjeu pour ces éleveurs, avoir une rémunération qu’il leur permet de vivre de leur métier.

La charcuterie avec vente directe à côté du nouvel abattoir.
La charcuterie avec vente directe à côté du nouvel abattoir. - Clément Carpentier - 20 Minutes

L’investissement autour de 5,2 millions d’euros est « aussi pour les jeunes car ils seront propriétaires de leur outil et dans le rapport de force avec la grande distribution, c’est très important », insiste Serge Chiappa. Pour ça, ils ne comptent pas en rester là. Bientôt, ils proposeront dans la « viande à maturation très à la mode », selon Philippe Nompeix, ou une production de « steak haché conditionné. »