TGV: Le trafic interrompu entre Paris et le Sud-Ouest par des salariés d'Arjowiggins bloquant les voies

BLOCAGE Les salariés d’Arjowiggins entendent exprimer leur inquiétude à la veille de la décision du tribunal de commerce de Nanterre sur l’avenir du papetier, placé en redressement judiciaire en janvier

Manon Aublanc

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Les passagers d'un TGV évacués après le blocage des voies par les salariés d'Arjowiggins, le 25 mars 2019.
Les passagers d'un TGV évacués après le blocage des voies par les salariés d'Arjowiggins, le 25 mars 2019. — Jean-Francois MONIER / AFP

Trains supprimés, retardés ou détournés… La circulation des TGV entre Paris et le Sud-Ouest était totalement bloquée, ce lundi jusqu’à 16 heures, les salariés du papetier Arjowiggins, menacé de liquidation judiciaire, occupant les voies de la gare de Vendôme (Loir-et-Cher) depuis 11 heures ce matin.

« L’impact pour nos voyageurs est déjà très important : actuellement, 24 trains sont concernés et 12.000 voyageurs directement touchés par cette interruption de trafic », a indiqué la SNCF dans un communiqué de presse. Le blocage dure depuis lundi à 11h20, selon le communiqué, qui souligne que l’entreprise de papeterie Arjowiggins « n’a rien à voir » avec la SNCF.

Les usines menacées de fermeture si aucune offre de reprise n’est validée par le tribunal

L’entreprise ferroviaire précise avoir « immédiatement adressé un ordre de réquisition à la préfecture du Loir-et-Cher afin que celle-ci mette tout en œuvre, dans les meilleurs délais, pour libérer les voies et permettre une reprise du trafic TGV ». « Les forces de l’ordre sont sur place », a indiqué la préfecture sans plus de précision. « Certains TGV ont dû être supprimés. Dans la mesure du possible, afin de minimiser l’impact pour les voyageurs, des trains sont détournés sur les lignes classiques avec pour conséquence au moins 2 heures de retard », ajoute la SNCF.

Les salariés d’Arjowiggins entendent exprimer leur inquiétude à la veille de la décision du tribunal de commerce de Nanterre sur l’avenir du papetier, placé en redressement judiciaire en janvier. Les usines du groupe Arjowiggins Graphic, filiale du groupe Sequana, ont été placées en redressement judiciaire le 8 janvier et sont menacées de fermeture si aucune offre de reprise n’est validée par le tribunal.

Une offre pour les trois usines, à condition de supprimer près de 215 emplois

Seul le groupe suédois de bois et de papier Lessebo, associé à un investisseur norvégien, se propose de reprendre les trois usines de Bessé-sur-Bray, Le Bourray (Sarthe) et Château-Thierry (Aisne), à condition de supprimer près de 215 emplois. Les syndicats craignent « le licenciement de près de 800 salariés, évoluant au sein d’un territoire rural, isolé, dont les papeteries Arjowiggins représentent le principal employeur de la région ».

Outre celle de Lessebo, trois autres offres ont été déposées pour la seule usine de Château-Thierry, qui emploie 75 personnes, et une quatrième propose de ne conserver que le site de Le Bourray (270 salariés). Une manifestation pour la défense de l’usine de Bessé-sur-Braye, avait rassemblé 400 personnes le 28 février dans la ville, après une première mobilisation d’environ 500 personnes, dont des employés de l’usine et des élus, au Mans le 20 février.