Picardie: Opération écoles et collèges morts contre la réforme Blanquer

EDUCATION NATIONALE Les parents d’élèves, notamment de la Somme, dénoncent le projet de loi Blanquer et des « baisses de moyens » annoncées pour la rentrée prochaine

G.D. avec AFP

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Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, en visite dans une école à Bordeaux (illustration).
Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, en visite dans une école à Bordeaux (illustration). — UGO AMEZ/SIPA

Ils dénoncent le projet de loi Blanquer et des « baisses de moyens » annoncées pour la rentrée prochaine. De nombreux parents d’élèves de Picardie, particulièrement dans la Somme, ont mené, ce lundi, une opération « établissements morts » majoritairement dans des écoles et des collèges.

Dans plus d’une trentaine d’établissements concernés, beaucoup de parents avaient « choisi de ne pas emmener leurs enfants en cours » en signe de protestation, a expliqué Ghislaine Lefebvre, représentante de la FCPE Picardie.

Taux d’absentéisme allant de 22 % à 100 %

Des parents prévoient aussi « d’occuper » les locaux de plusieurs établissements dans la nuit de lundi à mardi.

A Amiens, ville la plus touchée, 18 des 94 écoles enregistraient, lundi, des taux d’absentéisme allant de 22 % à 100 %, et « cinq écoles ont fait l’objet de blocage par les parents d’élèves », selon le rectorat. Dans les quatre écoles de Péronne, entre 58 et 93 % des élèves étaient absents.

De même source, dans le second degré, 10 des 50 collèges de la Somme n’ont accueilli que la moitié des élèves ou moins, avec des taux d’absentéisme dépassant 90 % dans certains collèges d’Amiens, Oisemont, Villers-Bocage ou Bernaville. La mobilisation était « plus faible » dans l’Oise et l’Aisne, avec peu d’écoles et collèges touchés, mais des taux d’absentéisme importants.

Nombre de collégiens en baisse

Les parents d’élèves dénoncent le projet de loi « pour une école de la confiance », voté en février à l’Assemblée nationale. Le projet prévoit l’abaissement de l’instruction obligatoire de six ans à trois ans.

En outre, le texte instaure le possible regroupement des classes d’un collège et d’une ou plusieurs écoles au sein d’établissements « des savoirs fondamentaux », qui « se traduira par des suppressions de postes » et « des fermetures de petites écoles rurales, particulièrement dans l’Aisne », a regretté Ghislaine Lefebvre.

Le rectorat a pour sa part indiqué que les moyens disponibles et le nombre de collégiens dans l’académie étaient en baisse, les établissements de l’académie comptant 2.442 collégiens de moins depuis 2014.