Grand Débat National: Une conférence composée uniquement de jeunes, «on a montré qu'on n'est pas con, et qu'on est cultivé»

GRAND DEBAT NATIONAL L’Etat organise une conférence citoyenne exclusivement composée de jeunes âgés de 18 à 25 ans à Aix en Provence, dans le cadre du Grand Débat National

Adrien Max

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Les jeunes sont répartis par table de six, pour faciliter le débat.
Les jeunes sont répartis par table de six, pour faciliter le débat. — Adrien Max / 20 Minutes
  • Une conférence citoyenne composée uniquement de jeunes de 18 à 25 ans est organisée à The Camp, à Aix-en-Provence, dans le cadre du Grand Débat National.
  • Ils ont été tirés au sort en fonction de leur âge, de leur genre, de leur origine géographique et de leur catégorie socioprofessionnelle.
  • Les participants accueillent très positivement la qualité des débats.

Une centaine de jeunes pour parler de l’avenir de la France… et du leur. « J’avais envie de voir à quoi ça ressemble. Je ne suis pas convaincu de l’utilité de ce  Grand Débat, donc je voulais voir l’organisation et les choses qui ressortent. Voir si ce n’est pas que du blabla », plante Maxime, étudiant en Master 2 de neurosciences à Caen.

Comme lui, une centaine de jeunes originaires de toute la France sont réunis sous une grande tente sur le campus de The Camp à Aix-en-Provence. Cette petite centaine de jeunes âgés de 18 à 25 ans a été tirée au sort pour participer aux conférences citoyennes, sur des critères d’âges, de genre, de catégories socioprofessionnel et d’origine géographique.

C'est sous cette immense tente que les jeunes sont invités à débattre.
C'est sous cette immense tente que les jeunes sont invités à débattre. - Adrien Max / 20 Minutes

Ces conférences citoyennes rythment le second temps du Grand Débat National, organisé par l’État à la suite de la crise des « gilets jaunes ». Une conférence citoyenne consacrée spécifiquement à la jeunesse. « Jusqu’à présent nous avons constaté qu’il y avait assez peu de jeunes qui avaient participé au Grand débat national, c’est pourquoi nous avons voulu cette conférence uniquement composée de jeunes », explique Gaëtane Ricard-Nihoul, l’une des organisatrices.

« Est ce que les idées qui vont émerger auront beaucoup de poids ? »

Tom, en deuxième année de fac d’histoire, n’a jamais voté. « Ça peut nous permettre de nous construire une sensibilité politique tout en discutant avec des gens qui ont d’autres opinions », considère-t-il. « J’ai des idées, des trucs à dire, mais est ce que les idées fortes qui vont émerger auront beaucoup de poids ? », s’interroge néanmoins Maxime.

Gabriel Attal, secrétaire d’État à la jeunesse est justement venu les rassurer en préambule, avant de s’éclipser pour garantir la neutralité des débats : « Je suis venu dire aux jeunes que nous tiendrons compte de tout ce qui a été dit et que leur parole est aussi importante que celle de tous les autres français, sur tous les sujets. »

Répartis par table de six pour encourager la prise de parole de tous sur les quatre grands thèmes du débat, les « jeunes » ne se sont pas fait attendre pour lancer les débats.

Chaque table débat sur l'un des quatre grands thèmes.
Chaque table débat sur l'un des quatre grands thèmes. - Adrien Max / 20 Minutes

Première étape, lister les points positifs et négatifs sur la transition énergétique, la fiscalité, l’organisation de l’État et la démocratie et la citoyenneté : « Il y a une démoralisation citoyenne, avec des votes par dépit, avance l’un. Oui mais nous avons la possibilité d’exprimer notre mécontentement librement, rétorque l’autre. La fraude représente près de 100 milliards, mais la répartition des richesses via les services publics et les aides sociales est une bonne chose, explique un autre groupe. L’accès aux services publics n’est pas égalitaire en fonction des territoires, souligne un groupe sur l’organisation de l’État. Il y a une prise de conscience de la problématique écologique, mais nous constatons trop d’inaction de la part des Etats et des entreprises. »

« Ils sont moins ancrés dans des certitudes que leurs aînés »

Autant d’échanges qui rendent Jean-Paul Bailly, l’un des cinq garants de ce Grand Débat, enthousiaste. « Ils sont très informés, très structurés. Leur analyse est très complète, et leur capacité d’échange et de dialogue me réjouit, ils sont moins ancrés dans des certitudes que leurs aînés. J’ai pu constater qu’ils étaient très à l’aise sur la transition énergétique, un peu moins sur l’organisation de l’Etat », détaille le garant.

A l’issue de cette première étape, les impressions des participants semblent positives. « Je trouve nos échanges hyper intéressants, il y a un vrai respect entre nous, entre les différents avis et je ne m’attendais pas à ça. Le fait de travailler sur un seul thème par groupe de travail nous permet d’approfondir les sujets. Bien sur on est des adultes, mais là on est en train de montrer qu’on est dans un vrai débat d’adultes, que même si on est jeunes, on n’est pas con et qu’on est cultivé », se félicitent Laurine, 19 ans, étudiante comme Constance, 20 ans, et Morgane, 22 ans, qui, elle, travaille déjà.

Les jeunes sont invités à donner leur avis sur le déroulé après cette première journée.
Les jeunes sont invités à donner leur avis sur le déroulé après cette première journée. - Adrien Max / 20 Minutes

Les propositions concrètes émaneront ce samedi en fin d’après-midi. Quoi qu’il en soit, cette centaine de jeunes aura l’impression d’avoir amené leurs pierres, reste à voir leurs tailles, à l’édifice qu’est la nation.