Lyon: Zélia Smith, costumière à l'Opéra de Lyon, «rêvait de confectionner des robes de princesses»

DECOUVERTE Agée de 30 ans, la jeune femme travaille depuis sept ans dans les coulisses de l'établissement lyonnais

Caroline Girardon

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Zélia Smith est costumière depuis sept ans à l'Opéra de Lyon.
Zélia Smith est costumière depuis sept ans à l'Opéra de Lyon. — C. Girardon / 20 Minutes
  • Zélia Smith, 30 ans, est l’une des prestigieuses petites mains de l’Opéra de Lyon.
  • La jeune femme y travaille depuis sept ans comme costumière.
  • En parallèle, elle commercialise une série de broderies aux motifs végétaux.

Dans les ateliers de couture de l'Opéra de Lyon, elle est la benjamine des prestigieuses petites mains sublimant les tissus. Sans faire pour autant figure de novice en la matière. Zélia Smith, costumière réalisatrice, a rejoint il y a sept ans, l’équipe des 12 permanentes œuvrant pour donner vie aux costumes qui seront portés sur scène. A 30 ans, la jeune femme a déjà l’étoffe d’une surdouée.

Dans sa vie, « les étoiles se sont alignées ». Elle a eu de la chance, dit-elle modestement, de trouver rapidement une place de permanente à Lyon. Une ville dont elle est tombée amoureuse lors de ses études. « Je ne me voyais pas retourner à Paris », confie-t-elle au sujet de sa ville natale.

« J’ai toujours eu des tissus et du fil dans les mains »

Baccalauréat en poche, Zélia se dirige vers la mode, guidée par sa passion du textile. « J’ai toujours eu des tissus et du fil dans les mains. Je rêvais de confectionner des robes de princesses. Car oui, j’en faisais pour mes poupées lorsque j’étais enfant », concède-t-elle les yeux malicieux. Mais le premier jour de sa formation, l’étudiante déchante concernant la filière qu’elle a choisie. Ses doutes se confirment rapidement. « C’était très axé sur la mode à Paris. En réalité, cela ne me correspondait pas du tout, ce n’était pas mon monde », raconte-t-elle. Elle entreprend alors une formation DMA (diplôme des métiers d’art). Une révélation.

« J’ai appris la broderie, le tissage sur métier, la sérigraphie. Et tout cela uniquement à la main ». Au cours d’une visite des locaux de la Martinière Diderot de Lyon, effectuée dans le cadre de son cursus scolaire, elle tombe sous les charmes de l’atelier : « Quand j’ai vu tous les costumes et ces piles de tissus, j’ai eu un énorme coup de cœur. C’était évidence. C’est là que je voulais être ». Elle y posera ses boîtes à couture pour deux années d’étude supplémentaires. Les contrats, signés à la fin de son cursus, la mèneront à collaborer comme intermittente avec l’Opéra de Bordeaux, le théâtre de Chaillot, puis la porteront jusqu’à Madrid, l’aidant à se forger de fil en aiguille une solide expérience.

Patience et minutie

A l’Opéra de Lyon, son rôle est bien défini : elle se charge d’assembler les pièces que ses collègues « coupeuses » ont façonnées. Du sur-mesure réalisé méticuleusement et patiemment. Penchée sur sa machine ou crochet en main, Zélia affectionne les détails. « J’adore démêler les petites bobines de fil… comme décoller les petits morceaux de tapisserie », rigole-t-elle. La minutie est devenue son credo. La réalisation de la robe de Nastasia dans la pièce l'Enchanteresse (jouée jusqu’au 31 mars), a nécessité une dizaine de jours de dur labeur.

«Le rythme de travail va dépendre des productions à réaliser. Certaines fois, on mène plusieurs projets en même temps. D’autres, on se concentre sur un seul vêtement », expose-t-elle. La recette ? « Etre patiente et savoir se remettre en question ». Savoir s’adapter continuellement, notamment lorsqu’un costume sur lequel on a investi du temps, est finalement écarté avant le début d’un ballet. L’une de ses plus grandes fiertés : avoir réalisé les robes de cour à la française pour L’enlèvement au sérail, mis en scène par Wadji Mouawad, qu’elle admire particulièrement. « C’est comme si Beyoncé était venu me faire la bise », glisse-t-elle en riant.

Des broderies créées en parallèle

Et quand son métier lui laisse un peu de répit, Zélia ressort les aiguilles de grand-mère Raymonde et laisse « partir son imagination », courbée sur ses petits tambours. La créatrice a lancé en parallèle, pour son propre compte, une série de broderies aux motifs végétaux. Podcast ou livre audio dans les oreilles, celle qui « adore qu’on lui raconte des histoires », pique des heures durant, inlassablement, patiemment sans voir le temps défiler.

La nostalgie s’installe. Ses mains s’automatisent. Dans chacun de ses doigts, « une partie de son ADN », qu’elle transmet. « Des fois, je réalise qu’il est 3h du matin. Je n’ai plus de son dans les oreilles, plus de voix mais mon esprit est parti loin », conclut-elle dans un doux sourire mélancolique.

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