«Gilets jaunes»: Deux avocats interpellent le Défenseur des droits sur la mobilisation des soldats de Sentinelle

MANIFESTATION Dans une lettre à Jacques Toubon, les deux avocats estiment que cette situation est « facteur de risques supplémentaires »

20 Minutes avec AFP

— 

Jacques Toubon, le Défenseur des droits, le 11 mai 2018.
Jacques Toubon, le Défenseur des droits, le 11 mai 2018. — J.E.E/SIPA

Des équipes Sentinelle dans les manifestations de « gilets jaunes » ? A la suite de cette décision du gouvernement, deux avocats interpellent le Défenseur des droits, Jacques Toubon, pour lui demander d’obtenir des « garanties ».

Après le net regain de violences observé lors de l’acte 18, notamment sur les Champs-Élysées à Paris, l’exécutif a décidé cette semaine de renforcer les moyens sécuritaires. Parmi les mesures annoncées : le recours aux militaires de Sentinelle pour protéger les bâtiments officiels et permettre aux forces de l’ordre d’être concentrés sur les manifestations. Les ministres des Armées, Florence Parly, et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, ont assuré ce vendredi que ces soldats ne seraient pas sollicités pour assurer le maintien de l’ordre.

Le « choix de l’escalade »

Estimant que cette situation est « facteur de risques supplémentaires », les avocats William Bourdon et Vincent Brengarth demandent dans leur courrier à Jacques Toubon de « tout mettre en œuvre pour, si ce n’est essayer de faire changer la position du gouvernement, permettre d’obtenir des garanties extrêmement claires pour éviter tout risque ».

Ils y dénoncent également le « choix de l’escalade » fait par les autorités. « Nous ne pouvons imaginer ce qu’il adviendrait si un bâtiment était effectivement sous la menace et si un militaire était requis d’intervenir », anticipent-ils.

Une voiture du dispositif de Sentinelle, qui mobilise 7.000 soldats en France, avait été incendiée par des manifestants près de la Tour Eiffel le 9 février. « De l’aveu même des militaires aujourd’hui, leur intervention potentialise un risque de mort », a réagi auprès de l’AFP Me William Bourdon. Ces avocats avaient déjà écrit en janvier au Défenseur des droits pour dénoncer de possibles atteintes à la liberté de manifester, et une instruction avait été ouverte.