VIDEO. Manifestations des «gilets jaunes» interdites: Que risquez-vous en y allant quand même?

LOI Suite aux violents débordements de l’acte 18 des « gilets jaunes » à Paris, le 16 mars, plusieurs quartiers de grandes villes dont Paris sont interdits aux manifestants ce samedi

Marie de Fournas

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Intervention des forces de l'ordre lors de la manifestation des «gilets jaunes» à Paris, le 16 mars 2019.
Intervention des forces de l'ordre lors de la manifestation des «gilets jaunes» à Paris, le 16 mars 2019. — Christophe Ena/AP/SIPA
  • Le gouvernement a interdit les manifestations dans certains quartiers de Paris, Toulouse et Bordeaux ce samedi. Le maire de Nice a, lui, l’interdiction de rassemblement couvre un large périmètre englobant « les grandes parties stratégiques de la ville ».
  • Le syndicat des avocats a publié un tract adressant des conseils aux manifestants et résumant leurs droits en cas d’interpellation. Il est par exemple conseillé d’avoir un document sur soit prouvant son identité ou de vérifier la disponibilité de son avocat.

En réponse aux violents débordements survenus sur les Champs-Elysées lors de l’acte 18 des « gilets jaunes », Le Premier ministre a annoncé lundi « nous interdirons les manifestations des “gilets jaunes” dans les quartiers les plus touchés dès lors que nous aurons connaissance de la présence des ultras ». Que vous arrivera-t-il si vous vous risquez dans ces endroits interdits à la mobilisation ? 20 Minutes fait le point.

Quels sont les lieux interdits de manifestation ?

A Paris, les Champs-Elysées, la place de l'Etoile et place de la Concorde sont concernés. La place Pey-Berland à Bordeaux et la place du Capitole à Toulouse, également théâtre de violences, seront interdites aux manifestants.

A Nice, le maire Christian Estrosi a obtenu l’interdiction de rassemblement sur un large périmètre englobant les « grandes parties stratégiques de la ville ».

Que risquez-vous si vous décidez de quand même y aller ?

Le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Laurent Nuñez a indiqué sur BFMTV que « dès que des attroupements » seront constatés dans ces zones, il y aura « interpellation » et « amende ». Ces contraventions encourues en cas de participation à une manifestation interdite ont augmenté depuis jeudi passant de 38 à 135 euros. « Juridiquement cela va être compliqué à appliquer, assure à 20 Minutes, Maître Dujardin, membre du syndicat des avocats de France. Comment distinguer une personne qui vient pour manifester d’une autre qui va faire ces courses ? »

« Et le fait qu’il y ait une interdiction de manifestation ne veut en revanche absolument pas dire que les forces d’ordre ont carte blanche pour utiliser leurs armes de façon disproportionnée. Les règles universelles doivent toujours être respectées », martèle l’avocate.

Quels sont vos droits en cas d’interpellation ?

Le syndicat des avocats a publié un nouveau tract adressant des conseils aux manifestants et résumant leurs droits en cas d’interpellation. Il est par exemple conseillé d’avoir un document sur soit prouvant son identité, de vérifier la disponibilité de son avocat avant d’aller manifester, sinon, d’en demander un commis d’office.

Tract du Syndicat des avocats de France
Tract du Syndicat des avocats de France - Syndicat des avocats de France

Vous avez le droit de garder le silence avant son arrivée ou encore de ne pas signer un procès-verbal inexact ou incomplet. « N’écoutez pas les policiers ou gendarmes qui vous promettent une sortie plus rapide ou peine plus légère si vous parlez », précise le tract. Vous avez également le droit de voir un médecin, faire prévenir un proche de votre arrestation et de demander quels sont les faits qui vous sont reprochés.