Brest: Un simulateur unique en Europe aide à former au secours en mer

SAUVETAGE La plateforme restitue les conditions rencontrées en mer à bord d’un Zodiac ou d’un hélicoptère

Manuel Pavard

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Le simulateur permet notamment de jouer des scénarios de sauvetage à bord d'un Zodiac.
Le simulateur permet notamment de jouer des scénarios de sauvetage à bord d'un Zodiac. — Cesim
  • Le Centre de simulation en santé de Brest vient d'inaugurer une plateforme de simulation de sauvetage en mer.
  • Ce simulateur reproduit les conditions et les contraintes rencontrées en mer.
  • L'outil est destiné aux professionnels de santé intervenant dans le secours maritime mais aussi à tous les usagers de la mer.

« Cette plateforme est unique en France et en Europe ! » Simona Antin n’est pas peu fière de son nouveau bébé. Ingénieure pédagogique, elle a participé à la conception d’un simulateur de secours en mer qui vient d’être inauguré à Brest.

Financée par l’Agence régionale de santé (ARS) et les collectivités territoriales, pour un coût de 120.000 euros, ce projet a été initié il y a trois ans par le Centre de simulation en santé (Cesim). La plateforme, montée sur vérins, se transforme tour à tour en canot pneumatique, cabine de navire ou cabine d’hélicoptère, selon les besoins.

Le décor est modifié en fonction des scénarios

« Sur le Zodiac, on peut embarquer deux ou trois personnes, un mannequin et du matériel de plongée », explique Simona Antin. Le simulateur permet de « recréer les conditions réelles », ajoute-t-elle. « La plateforme bouge avec le roulis, le tangage, et reproduit les mouvements. Devant, on a un écran qui projette à 220° des images de la mer et du ciel. » Construite sur mesure, la cabine d’hélicoptère est, elle, « adaptable à plusieurs situations d’apprentissage et modulable : elle est aménagée avec de la place pour mettre un brancard ».

Le décor est modifié « en fonction des scénarios joués, liés par exemple aux caissons hyperbares ou à la cale d’un bateau », précise Simona Antin. Des scénarios testés et validés par Emgan Querellou, responsable du Smur maritime de Brest. Ce médecin urgentiste, associé au projet, a été l’un des premiers utilisateurs. Une expérience qui est allée « au-delà de [ses] attentes ».

« On oublie complètement qu’on n’est pas en mer »

Avec le Zodiac, raconte-t-il, « on a mis en œuvre des scénarios simples de premiers secours, pour l’apprentissage des gens non soignants, et des simulations plus complexes de réanimation ». Et là, surprise : « même pour des professionnels rodés, l’environnement immersif est suffisamment bien fait pour qu’on oublie complètement qu’on n’est pas en mer ». Tout y est, s’émerveille Emgan Querellou : « les champs sonore avec les bruits de vague et du vent, olfactif avec la simulation d’odeurs de poisson et de carburant, visuel avec l’écran, et même la perception de l’environnement qui bouge. On finit par avoir les sensations d’un marin sur un zodiac. C’est bluffant ! »

En 15 ou 20 minutes, la plateforme peut ensuite « switcher en mode cabine d’hélicoptère », poursuit le chef du Smur maritime. « Cela permet de reproduire toute la chronologie d’une intervention maritime : la phase en mer, la partie hélicoptère avec l’hélitreuillage puis le transit… C’est vraiment ce qui nous manquait. Les simulateurs d’hélico habituels étaient faits par et pour les pilotes mais sans prendre en compte les passagers. »

« Le seul simulateur dédié au secours maritime et ouvert à différents publics »

Le public visé est très large : tous les professionnels de santé intervenant dans le secours en mer, comme le Smur maritime, la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer), les pompiers, les urgentistes, les médecins de la Marine nationale, mais aussi les marins, plaisanciers, plongeurs, pêcheurs en haute mer…

« Il y a plein de simulateurs professionnels beaucoup plus techniques dans des domaines très particuliers, que ce soit des avions, des hélicoptères ou des plateformes maritimes dans les écoles professionnelles dédiées, par contre on a le seul simulateur dédié au secours maritime et ouvert à différents publics », se félicite Erwan L’Her, directeur du Cesim. À terme, ajoute Simona Antin, « on pourra accueillir des personnes venant du monde entier ».