Rouen: Un ancien cadre du FN condamné pour des agressions sexuelles sur six mineurs

JUSTICE Les faits d’agression sexuelle supposés se sont déroulés entre 2013 et 2018, à l’encontre d’adolescents âgés de 12 à 14 ans au moment des faits

20 Minutes avec AFP

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La balance de Thémis, symbole de la Justice. (Illustration)
La balance de Thémis, symbole de la Justice. (Illustration) — Superstock/Sipa

Un ancien cadre du Front National, membre d’une communauté catholique traditionaliste, a été condamné mardi par le tribunal correctionnel de Rouen à cinq ans de prison ferme pour agressions sexuelles sur six mineurs. Incarcéré depuis juin dernier, l’homme a également été condamné à une interdiction définitive d’exercer une activité auprès de mineurs ainsi qu’à un suivi socio-judiciaire pendant huit ans.

« Il y a les gestes et la surprise, voire la contrainte. Les faits d’agression sexuelle sont parfaitement caractérisés à l’égard des six victimes », avait déclaré à l’audience Stéphanie Rabat, substitut du procureur de la République, demandant également une interdiction définitive d’activités au contact de mineurs. « Il a berné les familles en se jouant de leur foi et des valeurs qu’il prétendait partager avec ces gens », avait poursuivi la magistrate dans ses réquisitions.

Edouard Le Bourgeois, âgé de 38 ans, avait déjà été condamné pour des infractions similaires à dix mois avec sursis par le tribunal de Nanterre en 2010 et à trois ans avec sursis par le tribunal de Pontoise en 2013.

« Frotté aux enfants assis sur ses genoux jusqu’à avoir une érection »

Selon l’information judiciaire ouverte en juin 2018 à la suite d’un signalement effectué par le diocèse de Rouen, les faits d’agression sexuelle supposés se sont déroulés entre 2013 et 2018, à l’encontre d’adolescents âgés de 12 à 14 ans au moment des faits. Le prévenu et ses victimes s’étaient rencontrés au sein de la communauté de l’Institut du Christ roi Souverain Prêtre, installée dans l’église Saint-Patrice, à Rouen. Six jeunes hommes accusent leur ancien professeur particulier de français de « "tapotes" sur les fesses » de ses élèves ou encore de s’être « frotté aux enfants assis sur ses genoux jusqu’à avoir une érection », selon les termes de Catherine Héron, présidente du tribunal.

Le prévenu a reconnu les faits pour trois des victimes présumées mais les a niés pour les trois autres. « Je demande pardon aux familles », a-t-il déclaré à l’audience. Interrogé par le ministère public, il a aussi confié, après avoir fondu en larmes, avoir été lui-même violé « par l’aumônier du collège ». « Ça n’efface pas le fond du dossier », a défendu Agathe Frémy Barret, avocate de quatre des six victimes. « Les actes commis envers trois des six mineurs n’avaient pas de connotation sexuelle », a plaidé pour sa part Mathilde Sanson, l’avocate du prévenu.

Édouard Le Bourgeois a été candidat FN aux cantonales de 2008 à Versailles, puis directeur national du groupe « Les Jeunes avec Gollnisch », mouvement lancé au sein du Front National au moment de la campagne interne de 2010 en vue d’organiser la succession de Jean-Marie Le Pen. Cette même année, il avait été exclu du parti à la suite de propos acerbes tenus contre David Rachline, proche de Marine Le Pen et maire FN de Fréjus.