Toulouse: Quels sont les quartiers où le prix de l'immobilier flambe, quels sont ceux encore accessibles?

LOGEMENT A la veille du Salon de l’immobilier, les derniers chiffres présentés par les notaires montrent que Toulouse reste accessible, mais qu’un fossé se creuse entre centre-ville et périphérie. Voici les prix, quartier par quartier

Beatrice Colin

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Une vue de la ville de Toulouse (illustration)
Une vue de la ville de Toulouse (illustration) — F. Lancelot / SIPA
  • Le Salon de l’immobilier s’ouvre ce vendredi au Parc des expositions pour trois jours.
  • Alors que le prix médian de l’ancien à Bordeaux est de 4.230 euros le m2, dans la Ville rose il reste accessible à un prix de 2.610 euros.
  • Mais derrière ce prix médian se cachent des disparités entre les différents quartiers, allant du simple au double selon les secteurs.

L’explosion des prix à Bordeaux n’a pas encore fait tache d’huile sur la Ville rose. Contrairement à la capitale girondine où le prix au m2 dans l’ancien dépasse les 4.200 euros, « Toulouse n’est pas une ville chère », assure Philippe Pailhès, le président de la Chambre interdépartementale des Notaires.

A la veille du Salon de l'immobilier, qui se tient du 22 au 24 mars au Parc des expositions, le bilan chiffré des quelque 13.000 ventes d’appartements anciens réalisées l’an dernier en Haute-Garonne a été présenté en début de semaine.

En 2018, pour un appartement, il fallait débourser en moyenne 2 610 euros du m2 dans la Ville rose, en hausse de 1 %.

Mais ce prix médian cache de grosses disparités.

Les chalets dans l’ascenseur

Le centre-ville reste très prisé des acquéreurs ayant un gros budget. Saint-Georges caracole en tête avec un prix médian de 4.560 euros/m2, devant le secteur Capitole (4.310 euros), Saint-Etienne et les Chalets (4.140 euros).

Ce dernier quartier a connu l’an dernier une hausse de 8,5 % du prix médian. Un phénomène nouveau « dû à un marché de la revente qui organise, où les maisons sont transformées en plusieurs appartements », explique Philippe Pailhès.

Par contre, les Carmes, qui pendant des années a caracolé dans le trio de tête des quartiers les plus chers, a enregistré une baisse de 5,8 %. Notamment parce que les appartements vendus doivent être rénovés.

Prix du m2 dans l'ancien à Toulouse en 2018.
Prix du m2 dans l'ancien à Toulouse en 2018. - Notaires de France / Perval

Dans les faubourgs, la Côte Pavée, jusqu’à présent réputé pour ses maisons, « est désormais demandée pour les appartements et a enregistré une hausse à deux chiffres », poursuit le spécialiste.

Tout comme le quartier Saint-Agne, qui, après Saint-Michel il y a deux ans, connaît une explosion de ses prix (+17,6 %) et passe la barre des 3.000 euros le m2.

Des quartiers encore accessibles

Certains secteurs comme la Patte d’Oie (2.980 €) ou le Fer-à-Cheval (2.960 euros) restent accessibles, mais les prix au m2 dans ces faubourgs sont aussi dans l’ascenseur. Après des années de stagnation, les secteurs près de la ligne de tramway commencent enfin à en ressentir les effets.

Tout comme à la Cépière et à Rangueil, « dans peu de temps, à moins de 3.000 euros, dans ces quartiers il sera difficile de se loger », assure le président de la Chambre interdépartementale des notaires.

S’il y a un endroit où il faut investir, c’est peut-être sur le tracé de la future 3e ligne de métro, d’autant que les taux d’emprunt sont toujours bas. Habituellement, le marché de l’immobilier est très sensible aux projets structurants et les investisseurs anticipent. Pas dans ce cas-là. Les secteurs de Bonnefoy (2.490 euros), la Terrasse (2.460 euros) ou encore Montaudran enregistrent une baisse du prix médian des ventes.

Un fossé avec les cités populaires

Mais qui restent bien au-dessus de ceux des cités populaires de Toulouse dont la chute des prix semble inexorable ces dernières années.

Les prix dans les appartements anciens en 2018 à Toulouse.
Les prix dans les appartements anciens en 2018 à Toulouse. - Notaires de France / BDD Perval

La Roseraie, pourtant a proximité immédiate du centre-ville, enregistre une baisse de 15,8 %, à 1.790 euros le m2, au même titre que les Izards ou La Fourguette. Aux Pradettes et à Fontaine-Lestang, il y a eu si peu de ventes d’appartements anciens que les notaires n’ont pas pu évaluer les variations de prix.