Enseignants, retraités, étudiants... Plusieurs dizaines de milliers de personnes dans la rue pour se faire entendre

MOBILISATION Hausse des salaires, revalorisation des retraites, rejet de la réforme de la fonction publique, du projet de loi Blanquer sur l’école… Les mots d’ordre étaient multiples

20 Minutes avec AFP

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Une manifestation contre le pouvoir d'achat et la défense du service public, le 19 mars 2019, à Paris.
Une manifestation contre le pouvoir d'achat et la défense du service public, le 19 mars 2019, à Paris. — AFP

Alors que le grand débat touche à sa fin, plusieurs dizaines de personnes - enseignants, retraités, étudiants, lycéens - ont défilé dans le calme, ce mardi, à l’appel de la CGT et de FO, pour tenter de faire entendre leurs voix.

Hausse des salaires, revalorisation des retraites, rejet de la réforme de la fonction publique, du projet de loi Blanquer sur l’école… Les mots d’ordre étaient multiples pour cette mobilisation qui voulait « amplifier le mouvement social » et à laquelle avaient également appelé Solidaires, la FSU (enseignants), l’Unef (étudiants) et l’UNL (lycéens).

Trois jours après l’acte 18 des « gilets jaunes », une manifestation sans incidents

Plus de 350.000 personnes ont défilé dans toute la France, selon la CGT, tandis que le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a donné le chiffre de 131.000 manifestants. A Paris, 17.500 personnes ont défilé du boulevard Saint-Michel vers le Champ-de-Mars, selon un comptage pour un collectif de médias réalisé par le cabinet Occurrence. La CGT a recensé 50.000 personnes et la police 12.000. Trois jours après le saccage des Champs-Élysées lors de l’acte 18 des « gilets jaunes » et au lendemain des annonces d’Édouard Philippe contre les « casseurs », cette manifestation s’est déroulée sans incidents.

Parmi les nombreux défilés en province, 5.000 personnes selon la police (58.000 selon la CGT) ont manifesté à Marseille et 4.200 à Bordeaux (15.000), où neuf personnes ont été interpellées et deux vigiles d’un grand magasin légèrement blessés d’après la préfecture de la Gironde. A Montpellier, comme dans beaucoup d’autres villes, les manifestants ont défilé derrière une grande banderole proclamant « Salaires, emplois, protection sociale, services publics, le changement c’est l’action ».

« On ne s’adresse pas seulement au gouvernement, on s’adresse également au patronat »

Éclipsés depuis quatre mois par les « gilets jaunes » et ayant boycotté le grand débat, CGT et FO ont voulu montrer que « les syndicats ne sont pas à mettre aux oubliettes », selon Fabrice Le Restif, responsable FO en Ille-et-Vilaine. « Le grand débat semble-t-il est terminé maintenant, il faut des réponses en matière de salaire, de retraite, de justice fiscale, de services publics », a déclaré le numéro un de la CGT Philippe Martinez.

« On ne s’adresse pas seulement au gouvernement, on s’adresse également au patronat. Il faut ouvrir de vraies négociations sur le pouvoir d’achat », a renchéri son homologue de FO Yves Veyrier qui veut relancer la grève comme moyen d’action. Point commun à tous ces défilés, la présence de nombreux enseignants du primaire venus protester contre le projet de loi Blanquer sur « l’école de la confiance ».

Les enseignants mobilisés contre le projet de loi de Jean-Michel Blanquer

La grève dans les écoles maternelles et élémentaires a été suivie par près d’un quart des enseignants, selon le ministère de l’Éducation. Le principal syndicat du primaire a recensé 40 % de grévistes. Parmi les critiques contre ce texte, l’instruction obligatoire à 3 ans sans moyens supplémentaires selon eux, les évaluations au primaire ou le fait que les écoles seraient placées sous l’autorité d’un principal de collège.

Les fonctionnaires contestent également le projet de réforme de la fonction publique. Celui-ci prévoit un recours accru aux contractuels, une plus grande individualisation de la rémunération, le tout dans un objectif de réduction des effectifs de 120.000 postes d’ici à 2022. Selon le secrétariat d’Etat à la Fonction publique, le taux de grévistes était de 9,78 % dans la fonction publique d’Etat, dont une majorité d’enseignants, de 3,59 % dans la territoriale et de 4,2 % dans l’hospitalière.