Lyon: Qui est Yves Baumgarten, choisi pour gérer le diocèse après la « mise en retrait » du cardinal Barbarin?

AFFAIRE BARBARIN En annonçant que sa démission était refusée par le pape, l’archevêque de Lyon a indiqué qu’il se mettait en retrait « quelque temps » et a confié la conduite des affaires courantes à l’actuel vicaire général

Elisa Frisullo

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Le père Yves Baumgarten se voit confier la gestion du diocèse de Lyon pendant l'absence du cardinal Barbarin.
Le père Yves Baumgarten se voit confier la gestion du diocèse de Lyon pendant l'absence du cardinal Barbarin. — PHILIPPE DESMAZES / AFP

C’est depuis près de cinq ans le plus proche collaborateur du primat des Gaules, l’un de ceux qui ont vécu de l’intérieur le scandale de la pédophilie qui a fait vaciller l’église lyonnaise, le cardinal en tête. Ce mardi, après avoir annoncé que sa démission était refusée par le pape, l’archevêque de Lyon Philippe Barbarin a annoncé sa mise en retrait du diocèse « pour quelque temps ».

Pour lui succéder dans la gestion des affaires courantes de l’Eglise lyonnaise, il a décidé de faire appel au père Yves Baumgarten, vicaire général modérateur. Mais qui est donc le bras droit du primat des Gaules ?

 

Employé du Trésor public

Le père Yves Baumgarten a plutôt un parcours atypique. Ce Lyonnais de 54 ans a été ordonné prêtre à l’approche de ses 40 ans après avoir embrassé une tout autre carrière à l’issue de sa maîtrise de sciences économiques. Pendant huit ans, il a été percepteur des impôts avant d’intégrer, en 1997, le séminaire Saint-Irénee à Sainte-Foy-lès-Lyon et d’être ordonné prêtre en juin 2014 par Philippe Barbarin lui-même.

Il a ensuite travaillé dans plusieurs paroisses de la Loire, comme vicaire, puis comme curé, avant d’être nommé vicaire épiscopal territorial à Lyon. Il est alors chargé de seconder l’évêque sur ce territoire précis et exerce également comme curé à la paroisse du Sacré-Cœur, dans le quartier de la Part-Dieu. Puis, en 2014, le cardinal Barbarin lui propose de devenir vicaire général modérateur, ce qu’il accepte.

Aux côtés du cardinal en pleine tourmente

« Cette mission nécessite d’être à l’écoute de son cardinal et de ce qu’il souhaite pour le diocèse, et [d’être] à l’écoute des différents acteurs », expliquait-il l’année de sa prise de fonction. Le rôle du vicaire général modérateur « consiste à s’assurer que chacun dans le diocèse puisse bien vivre sa mission, ait ce qu’il faut pour l’accomplir, en termes de formation, de confort spirituel, de confiance », ajoutait-il, sans savoir alors que, deux ans plus tard, l’église lyonnaise et le cardinal connaîtraient une tourmente sans précédent.

Dès ce mardi, l’homme d’Église se voit confier les clés de l’Eglise de Lyon temporairement pour en assurer la gestion des affaires courantes. Une mission essentielle, mais qui s’annonce compliquée dans un diocèse « en souffrance depuis trois ans », comme l’a rappelé ce mardi le primat des Gaules dans son communiqué.