VIDEO. Affaire Barbarin: Le pape refuse la démission du cardinal de Lyon, invoquant la «présomption d'innocence»

REFUS Monseigneur Barbarin a été condamné à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Lyon

Elisa Frisullo avec M.A

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Le cardinal Barbarin et le pape en mai 2016, photographiés par le vatican.
Le cardinal Barbarin et le pape en mai 2016, photographiés par le vatican. — AFP PHOTO / OSSERVATORE ROMANO
  • Le Pape, qui a reçu ce lundi, le cardinal Barbarin, a refusé la démission du primat des Gaules.
  • L’archevêque de Lyon avait annoncé qu’il allait remettre sa démission au Saint-Père après avoir été condamné à six mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d’actes pédophiles dans l’affaire du père Preynat.
  • Le cardinal a fait appel de sa condamnation, tout comme le parquet de Lyon.

Le pape François a refusé la démission du cardinal français Philippe Barbarin, invoquant la « présomption d’innocence », a annoncé, ce mardi, le prélat français dans un communiqué, en précisant qu’il se mettait « quelque temps » en retrait au diocèse de Lyon. 

Le 7 mars dernier, le cardinal avait annoncé son intention de remettre au souverain pontife sa démission, quelques heures après avoir été condamné devant le tribunal correctionnel de Lyon à six mois de prison avec sursis.

« Lundi matin, j’ai remis ma mission entre les mains du Saint Père. En invoquant la présomption d’innocence, il n’a pas voulu accepter cette démission », a annoncé Mgr Barbarin, qui reste donc archevêque de Lyon mais qui laissera désormais la conduite des affaires courantes à l’actuel vicaire général Yves Baumgarten.

Reconnu coupable de non-dénonciation d’actes pédophiles

Le 7 mars dernier, la justice l’a reconnu coupable de non-dénonciation d’actes pédophiles, pour ne pas avoir dénoncé les agissements du père Bernard Preynat dont il avait pourtant connaissance. Au lendemain du jugement, les avocats de Philippe Barbarin ont fait appel de cette condamnation. Tout comme le parquet de Lyon.

« Je prends acte de la décision du tribunal. Indépendamment de mon sort personnel, je redis ma compassion pour les victimes. J’ai décidé d’aller voir le Saint-Père pour lui remettre ma démission », avait déclaré le jour de sa condamnation le cardinal Barbarin lors d’une déclaration express devant les médias.

Dans la tourmente depuis plus de trois ans

Le cardinal Barbarin est pris dans la tourmente depuis que d’anciens scouts de Sainte-Foy-lès-Lyon, réunis au sein de l’association La Parole Libérée, ont fait ressurgir du passé les agissements du père Preynat. Cette histoire a très vite dépassé les frontières du diocèse et est venue ébranler toute l’Eglise de France, confrontée, depuis, à la médiatisation de multiples affaires pédophiles ou d’agressions sexuelles.

Après une enquête préliminaire visant le primat de gaules, classée sans suite à l’été 2016 par le parquet de Lyon, les anciens scouts avaient décidé de poursuivre le cardinal en s’appuyant sur une procédure de citation directe. Lors du procès, en janvier, Philippe Barbarin avait martelé à la barre du tribunal correctionnel n’avoir jamais cherché « à couvrir ces actes horribles »​. Une version qui n’a pas convaincu la présidente du tribunal.

« En voulant éviter le scandale, causé par les faits d’abus sexuels multiples commis par un prêtre, mais sans doute aussi par la mise à jour de décisions bien peu adéquates prises par les évêques qui le précédaient, Philippe Barbarin a préféré prendre le risque d’empêcher la découverte de très nombreuses victimes d’abus sexuels par la justice, et d’interdire l’expression de leur douleur », peut-on lire dans le jugement. Les cinq autres membres de l’église lyonnaise, poursuivis dans cette affaire ont été relaxés par la justice.