Paca: La région va financer des tablettes et des manuels numériques aux lycées volontaires

LYCEE La région Paca, qui finance les manuels scolaires des lycéens, a proposé aux lycées de les équiper en manuels et tablettes numériques en vue de la réforme du bac

Adrien Max

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Sur tablette ou sur ordi portable, les élèves de cette classe du lycée Mathis répondent aux questions du quizz de leur professeur via la plateforme Kahoot.
Sur tablette ou sur ordi portable, les élèves de cette classe du lycée Mathis répondent aux questions du quizz de leur professeur via la plateforme Kahoot. — B. Poussard / 20 Minutes.
  • En vue de la réforme du baccalauréat à l’horizon 2021, la région Paca, qui finançait déjà les manuels scolaires, a proposé aux lycées volontaires de les fournir en tablettes et manuels numériques dès la rentrée de septembre 2019.
  • Pour l’opposition, il y a un risque sanitaire d’exposer encore d’avantage les adolescents aux écrans.
  • Pour un syndicat d’enseignant, la crainte se situe d’avantage au niveau du bon fonctionnement et à la maintenance des tablettes.

La réforme du baccalauréat rimera-t-elle avec une refonte des pratiques d’enseignements dans la région Provence Alpes Côte d'Azur ? Face à la nécessité de renouvellement des manuels scolaires en vue de la réforme du bac à l’horizon 2021, le président de la région Renaud Muselier a souhaité consulter les proviseurs des lycées pour les remplacer par des manuels numériques. La région assurait jusqu’à présent la gratuité des manuels scolaires papiers pour les 171.000 élèves, elle souhaite poursuivre ce financement sous cette nouvelle forme.

« La région s’est chargée de consulter les chefs d’établissements en leur laissant la liberté du choix de passer à des manuels numériques, ou de rester à des manuels papier », détaille-t-on à l’Académie d’Aix-Marseille. S’ils acceptent, la région distribuera aux élèves de seconde et de première des tablettes tactiles multimédia connectées sur lesquelles les manuels scolaires numériques seront disponibles.

Problèmes de santé

Selon le rectorat, environ 70 % des proviseurs se sont positionnés pour un passage aux manuels numériques. Un référent numérique sera formé par le rectorat afin de mettre en place les tablettes et s’assurer de leur bonne utilisation.

Si la délibération a été adoptée vendredi dernier, l’opposition a refusé de la voter. Amaury Navaranne, conseiller régional du Rassemblement National, craint que la totalité des élèves doive se plier à cette décision. « Il y a un risque de déconcentration avec une utilisation trop régulière des écrans. C’est déjà problématique avec les téléphones portables et les ordinateurs, cela peut poser des problèmes de santé avec les tablettes numériques. Il y a également une crainte concernant le manque de rupture avec le divertissement. Les jeunes utilisent déjà 5 heures d’écran par jour avec les manuels scolaires, qu’est ce que ce sera avec les tablettes ? », s’interroge-t-il.

« Quand je vois l’état de leur téléphone, je m’inquiète pour les tablettes »

Caroline Chevé, secrétaire académique du syndicat Snes-FSU, accueille, elle, très positivement cette volonté de poursuivre le financement des manuels scolaires, numériques, comme papiers. Tout comme la possibilité de laisser le choix aux chefs d’établissements.

La principale préoccupation des enseignants concerne plutôt le bon fonctionnement de ces tablettes.

« Ce sont des objets qui restent fragiles, qui n’ont pas forcément été conçus pour aller dans le cartable d’un lycéen. Quand je vois l’état de leur téléphone, je m’inquiète pour les tablettes. Même s’il y a un service de maintenance, il risque d’être rapidement dépassé. Comment fait-on si deux, trois ou quatre élèves n’ont pas de tablettes ? », s’interroge Caroline Chevé.

La région évalue le coût de fourniture des tablettes et des manuels numériques à près de 80 millions d’euros sur quatre ans, dont 23 millions pour la première année. « Cela représente un surcoût de six millions sur la première année comparé au financement des manuels écrits », avance Amaury Navaranne. Mais la facture pourrait encore augmenter puisque, comme le rappelle Caroline Chevé « aucun lycée de la région n’est équipé du WiFi, la majorité précédente avait fait le choix de la fibre optique ». Les premiers manuels numériques doivent pourtant être fournis dès la rentrée de septembre.