Place du Capitole, lors de l'acte 15 des "gilets jaunes" à Toulouse.
Place du Capitole, lors de l'acte 15 des "gilets jaunes" à Toulouse. — F. Scheiber / SIPA

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«Gilets jaunes» à Toulouse: Samedi, il sera interdit de manifester sur la place du Capitole

Une mesure annoncée ce lundi par le Premier ministre. Une mesure «forte» selon le maire de Toulouse, mais pour qui «il faudra avoir les moyens pratiques pour la faire appliquer»

  • Tous les samedis, des vitrines sont dégradées et des heurts opposent manifestants et forces de l’ordre en marge du cortège des « gilets jaunes ».
  • Edouard Philippe a indiqué que les manifestations seront interdites sur la place du Capitole.
  • Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, parle d’une « mesure forte », mais s’interroge sur sa mise en pratique. Tout comme le syndicat policier Unité-SGP pour qui ce « n’est pas la solution ».

Depuis le 17 novembre, Toulouse est une des places fortes du mouvement des « gilets jaunes ». Samedi dernier, lors de l'acte 18, plusieurs milliers de personnes s’étaient encore donné rendez-vous dans les rues de la Ville rose.

Comme chaque semaine, vers 16h30, des heurts ont eu lieu entre les manifestants et les forces de l’ordre, des vitrines ont été dégradées et des poubelles incendiées.

Pour l’acte 19, le cortège n’aura pas l’autorisation de passer sur la place du Capitole. C’est l’une des mesures annoncées ce lundi par le Premier ministre en réponse aux violences survenues samedi, en particulier à Paris.

« Nous mettrons en œuvre une stratégie de lutte contre les violences. Nous interdirons les manifestations dans les quartiers les plus touchés dès lors que des éléments ultras seront présents. Je pense aux Champs-Élysées, à la place du Capitole à Toulouse », a expliqué Edouard Philippe.

«Une mesure forte» pour le maire de Toulouse

Et de préciser qu’il y aurait une « dispersion immédiate de tous les attroupements » si jamais des manifestants tentaient de s’y rassembler. Les « gilets jaunes » toulousains avaient prévu avant cette annonce de se rendre samedi en ville, avec un rendez-vous à 13h30 à Jean-Jaurès.

Une décision dont se félicite le maire de la Ville rose, Jean-Luc Moudenc (LR). « C’est une mesure forte, une attention particulière portée à Toulouse qui a été très touchée. Mais au-delà du symbole, il y a la pratique et les moyens déployés pour la faire appliquée », pondère Jean-Luc Moudenc. Mais pour l’élu, pas question d’une interdiction totale pour autant, « ce serait anticonstitutionnel et pas légal », reconnaît-il.

« Pas une solution » selon un syndicat policier

La manifestation annoncée samedi ne sera sans doute pas déclarée, comme les précédentes. « De fait, tous les samedis, tout est interdit, mais cela a lieu quand même. Qu’il y ait une interdiction d’aller sur la place du Capitole, ce n’est pas la solution, ça se fera ailleurs. Bannir un site, cela va vouloir dire qu’il faudra mettre des effectifs supplémentaires pour le protéger », réagit Didier Martinez, délégué régional du syndicat Unité-SGP police. Pour ce dernier, la solution « n’est pas policière, mais politique et judiciaire ».

Treize personnes en garde à vue samedi

Si le Capitole est fréquemment occupé durant les manifestations, le cortège démarre en général sur les boulevards qui ceinturent le centre-ville, notamment celui de Strasbourg avant de se rendre rue de Metz ou du côté de la place Esquirol.

Samedi dernier, treize personnes ont été placées en garde à vue. Lundi, quatre d’entre elles avaient été déférées devant la justice en vue de leur comparution immédiate.