VIDEO. Nantes: Quatre ans après l'incendie, la reconstruction de la basilique Saint-Donatien se poursuit

PATRIMOINE L’édifice, construit à la fin du XIXe siècle, ne rouvrira pas avant le printemps 2021

Julie Urbach

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A l'intérieur de la basilique Saint-Donatien à Nantes
A l'intérieur de la basilique Saint-Donatien à Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Le 15 juin 2015, la basilique Saint-Donatien à Nantes a été en partie détruite par un violent incendie.
  • Des dizaines d’ouvriers et d’artisans travaillent sur ce chantier « hors norme » de reconstruction.

L’horloge de l’édifice, réalisé à la fin du XIXe siècle, est restée figée à l’heure du sinistre. A 10h15, le 15 juin 2015, un violent incendie démarrait accidentellement sur le toit de la basilique Saint-Donatien à Nantes. Ces flammes, dont les images sont restées dans la mémoire de nombreux habitants, ont aussi causé d’importants dégâts dans le bâtiment, détruisant les trois quarts de sa toiture. Près de quatre ans après, le déblaiement des gravats et la sécurisation des lieux (par exemple la reprise de voûtes qui menaçaient de s’effondrer) est enfin terminée.

Le chantier a même commencé sa deuxième phase, celle des travaux de restauration, afin d’envisager une livraison au printemps 2021. La mairie a profité de cette fermeture pour réaliser d’autres opérations d’entretien. « C’est une étape très complexe car on doit traiter l’intégralité du bâtiment, abîmé par l’incendie mais aussi par le temps qui passe, indique Perluigi Pericolo, architecte maître d’œuvre. Ce sont plein de petits chantiers en un : entre 40 et 60 personnes travaillent ici en permanence, sans compter ce qui se passe dans les ateliers. On trouve des vitraillistes, des charpentiers, des tailleurs de pierre, des couvreurs, des menuisiers, des électriciens… »

Interventions à 40 mètres de haut

A 10 mètres de hauteur, sur un échafaudage en plein vent, on s’affaire à la restauration des statues moulées sur la façade, « encrassées et parfois recouvertes de mousse ». A l’intérieur de l’édifice, tout au fond de la nef obstruée par une succession interminable de « tours d’étaiement », il va falloir s’occuper des travaux de peinture de la chapelle. « L’intervention des pompiers a provoqué des coulures, en raison de l’humidité, explique Agnès Roze, restauratrice. La phase de nettoyage, délicatement et au pinceau, est terminée. Il faudra ensuite reprendre les couleurs et les dorures à la feuille d’or. »

Au point culminant de la basilique (à 40 mètres de haut, accessible via un ascenseur extérieur), les balustres de l’une des tours carrées, taillés au pied du bâtiment, sont en cours de pose. Quelques mètres en dessous, les nouvelles voûtes sont bientôt achevées. « Pour chacune d’entre elles, ce sont plusieurs milliers de pierres à tailler, adapter, poser…, détaille Perluigi Pericolo. Il faudra ensuite restaurer les clés de voûte, les vitraux dont certains ont éclaté, et cette grande rosace. »

La réfection des voûtes de la basilique s'achève
La réfection des voûtes de la basilique s'achève - J. Urbach/ 20 Minutes

Une facture totale de 13 millions d’euros

Ce chantier « considérable », présenté comme « probablement unique en France de par son ampleur » va donc continuer pendant au moins deux ans. Le grand parapluie déployé au-dessus de la charpente sera retiré dans quelques mois, après la pose des 70.000 ardoises du toit. En parallèle, il faudra commencer le ravalement des façades intérieures, ou encore la remise en état de l’orgue et d’autres éléments du mobilier eux aussi touchés par les flammes. Une enveloppe de 13 millions d’euros a déjà été consacrée à ce chantier hors norme. Bien au-delà, donc, des prévisions initiales, qui n’incluaient uniquement la réparation des dégâts.