«LOL», le premier chien d'assistance judiciaire, va rassurer les victimes lors des procès

JUSTICE Le labrador LOL devient le premier chien d’assistance judiciaire en France. Il est en poste à Cahors, dans le Lot  

Nicolas Stival

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LOL, premier chien d'assistance judiciaire de France, séjournera à la caserne des pompiers de Cahors, dans le Lot.
LOL, premier chien d'assistance judiciaire de France, séjournera à la caserne des pompiers de Cahors, dans le Lot. — F. Auffret
  • Depuis jeudi, LOL est officiellement le premier chien d’assistance judiciaire en France.
  • Accueilli par les pompiers de Cahors, ce labrador formé par Handi’Chiens se tient à disposition du tribunal, pour intervenir auprès de victimes et les rassurer lors d’un procès.

Jeudi après-midi, LOL a rejoint le centre d’incendie et de secours de Cahors. Ce labrador noir de deux ans et demi, propriété de l’association Handi’Chiens, n’a pourtant pas vocation à aider les pompiers du Lot. Mais il vivra dans la caserne en attendant que la justice fasse appel à lui, pour assister les victimes lors de certains procès. Car LOL est devenu le premier chien d’assistance judiciaire en France, sur le modèle des « courthouse facility dogs » américains.

Quelle va être la mission de LOL ?

Fondatrice voici 30 ans de l’association Handi’Chiens, dont elle est aujourd’hui la chargée de recherche et de développement, Marie-Claude Lebret l’explique avec enthousiasme : « Lorsque le procureur de la République jugera qu’une personne, souvent un enfant, a besoin de la présence du chien pour être plus sereine afin de témoigner lors des auditions, les pompiers le conduiront au tribunal. » LOL représentera alors une présence apaisante dans un univers souvent inconnu et anxiogène.

« L’initiative vient du procureur Frédéric Almendros, qui savait que ça se pratiquait déjà aux Etats-Unis et au Canada. Il a souhaité faire la même chose à Cahors, et il fallait pour cela un chien éduqué dans un centre labellisé par l’Etat. » Handi’Chiens était tout indiqué. Depuis ses débuts, l’association a « attribué » 2.500 animaux (dont elle reste propriétaire).

Mais jusqu’à présent, ceux-ci intervenaient auprès d’enfants et d’adultes autistes, trisomiques, épileptiques ainsi qu’auprès de personnes vulnérables, victimes de stress traumatique. La mission de LOL de rapproche de cette dernière tâche.

Quelles sont les qualités d’un chien d’assistance judiciaire ?

« Parmi tous les chiens disponibles voici deux ans, on en a sélectionné un qui présentait un profil très calme, très attentif, et qui regardait les personnes avec lesquelles il était en contact », détaille Marie-Claude Lebret. LOL doit rester impassible tel un garde de Buckingham Palace, en toute situation. « Si jamais il y a du bruit autour de lui, des portes qui claquent, un passage d’avocats en robe, il ne doit pas réagir. Il doit dégager beaucoup de sérénité pour donner confiance. »

Dans l’immense majorité des cas, les « collaborateurs » d’Handi’Chiens sont des labradors ou des golden retrievers, associés à des notions de placidité et (excusez l’anthropomorphisme) de bonhomie.

Comment a-t-il été formé ?

De deux à 18 mois, LOL a été placé en famille d’accueil pour être sociabilisé. « Il était chez Christelle et Fabrice en Lorraine qui lui ont appris une trentaine de consignes de base, pour en faire un bon chien de famille, avec des sorties dans des lieux publics, reprend Marie-Claude Lebret. Ensuite, il a intégré un centre Handi’Chiens pour assimiler des commandes spécifiques, avec Stéphanie et Florian comme éducateurs. Par exemple : se coucher au sol pour que l’enfant se mette contre lui. »

Sept sapeurs-pompiers de Cahors ont été formés pour s'occuper de LOL.
Sept sapeurs-pompiers de Cahors ont été formés pour s'occuper de LOL. - F. Auffret

Avec toujours le même mot d’ordre : rester un îlot de calme au milieu d’un océan d’émotions. Enfin, de lundi à jeudi, sept sapeurs-pompiers lotois, référents volontaires, ont été formés par Handi’Chiens pour accueillir au mieux leur nouveau « coloc ». LOL aura son lieu de vie dans la caserne, où il sera bichonné au quotidien entre deux missions.

La première ne devrait pas tarder : « Le procureur a des dossiers en tête », glisse simplement Marie-Claude Lebret. Tous les six mois, un bilan sera établi entre toutes les parties impliquées dans ce projet inédit en France, astucieusement baptisé C.A.V.E Canem (Convention d’accompagnement des victimes et de l’enfance par le chien).