La culture du chanvre «bien-être» pourrait doper l'agriculture française, selon des députés LREM

MARCHE Ces produits à base de chanvre mais non psychotropes peuvent être consommés sous forme alimentaire, liquide, vaporisé ou cosmétiques et représentent un marché conséquent

20 Minutes avec AFP

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Un champ de chanvre à Bar-sur-Aube (image d'illustration).
Un champ de chanvre à Bar-sur-Aube (image d'illustration). — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

La culture du chanvre en France pourrait représenter « des débouchés considérables » pour l’agriculture, estime des députés de la majorité LREM. Dans cette optique, les élus demandent la création d’une mission d’information à l’Assemblée sur l’usage « bien-être » du cannabis.

« Le périmètre de cette mission serait restreint aux produits issus du chanvre "bien-être" », précisent jeudi ces députés dans un communiqué. Selon eux, les produits concernés contiennent un principe actif non-psychotrope (moins de 0,2 % de THC) mais ayant des vertus pour « l’amélioration du confort de vie ». Ils favorisent « la réduction du stress et de l’anxiété, l’amélioration du sommeil et de la récupération » et « peuvent être consommés sous forme alimentaire, liquide, vaporisé ou de produits cosmétiques », soulignent ces élus.

Du chanvre importé et acheté en ligne

Parmi les signataires figurent les marcheurs Jean-Baptise Moreau (Creuse), Sophie Beaudouin-Hubière (Haute-Vienne), Jean-Baptiste Djebarri (Haute-Vienne), Naïma Moutchou (Val d'Oise) et Ludovic Mendes (Moselle) et le député Paul Molac, du groupe Liberté et territoires (Morbihan). Une dizaine d’autres députés LREM soutiennent leur initiative.

« Aujourd’hui, des dizaines de milliers de consommateurs français utilisent quotidiennement des produits à base de chanvre « bien-être » et de cannabidiol (CBD) », indiquent les six élus signataires. Ils regrettent que ceux-ci soient souvent « importés de chez nos voisins européens, notamment via des plateformes en ligne ».

Développer une « vraie filière »

Pointant un « flou juridique » sur la consommation et la commercialisation de ces produits, ils estiment que la France « sur-transpose » actuellement la réglementation européenne en interdisant tous « les produits issus de la fleur du chanvre » et en « restreignant l’utilisation du chanvre au seul commerce des fibres et des graines ».

Pour ces élus, « cette réglementation empêche les acteurs économiques nationaux de développer » une vraie filière alors que « la France est le premier producteur européen du chanvre ». Pourtant, « cette production répondrait à nos attentes sociétales et environnementales pour une agriculture saine, sûre et durable puisque sa production ne nécessite ni produits phytopharmaceutiques, ni OGM », font-ils valoir.

Pour eux, la législation française doit aujourd’hui s’adapter afin de favoriser « l’ouverture d’un marché estimé à 1 milliard d’euros par an », pour « améliorer le revenu de nos agriculteurs et dynamiser nos territoires ruraux ». Saluant cette initiative, le syndicat professionnel du chanvre bien-être (SPCBE) qui rassemble des acteurs du secteur a appelé les autorités à entamer un dialogue pour « développer la sécurité de cette filière ».