Montpellier : Etam accusé de discrimination à l’encontre d’une postulante voilée, une responsable mise à pied

EMPLOI La jeune femme, qui a témoigné sur les réseaux sociaux, assure avoir été discriminée alors qu'elle souhaitait déposer une candidature dans un magasin

Nicolas Bonzom

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Un magasin Etam (illustration).
Un magasin Etam (illustration). — Yann Bohac/SIPA

Une étudiante, portant le voile, accuse une responsable d’un magasin Etam de Montpellier (Hérault) de discrimination à l’embauche. La jeune femme a partagé son témoignage sur les réseaux sociaux, lundi. « Je suis rentrée dans un magasin pour déposer mon CV et ma lettre de motivation, je suis rentrée, souriante », témoigne-t-elle.

Tandis qu’elle avait demandé si elle pouvait postuler pour un emploi dans le magasin, une responsable lui aurait reproché son port du voile. « Elle me regarde et elle me dit : "J’espère que vous n’êtes pas sérieuse ? Vous êtes voilée, vous me demandez un travail. Il n’y a même pas deux jours, c’était la journée de la femme." Je ne savais pas quoi dire. J’avais les larmes aux yeux », raconte la jeune femme.

La responsable mise à pied à titre conservatoire

Mercredi, l’enseigne a réagi, dans un communiqué. « La manière dont elle a été reçue par la responsable du magasin (…) ne respecte pas nos valeurs. Nous avons présenté nos excuses auprès de la personne concernée (…), qui a rapidement été contactée par nos équipes. Nous avons déclenché un processus d’enquête interne pour déterminer les faits avec précision. La responsable a été mise à pied à titre conservatoire. »

L’enseigne s’est engagée à ce que la candidature de la jeune femme fasse l’objet « d’un traitement équitable dans le cadre de nos processus RH habituels ». Par ailleurs, Etam dit condamner fermement les « réactions menaçantes » dont la marque fait l’objet, notamment sur les réseaux sociaux, où un appel au boycott a été lancé.

De son côté, Cédric Taravella, le directeur général de la marque, a lui aussi réagi, sur Twitter. « Sachez que chez Etam, nous comprenons votre émotion et sommes désolés de ce qui s’est passé, écrit-il. C’est effectivement contraire à nos valeurs. »

Selon le Parisien, l’étudiante a dit son intention de déposer une plainte.