Affaire Nordahl Lelandais: «Coup de colère» des familles de disparus

DISPARITIONS La police judiciaire de la gendarmerie nationale a annoncé en février que la piste de Nordahl Lelandais pouvait être envisagée dans une « quarantaine » d’affaires

20 Minutes avec AFP

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Des gendarmes à Domessin, lors du transfert de Nordahl Lelandais, le 14 février 2018.
Des gendarmes à Domessin, lors du transfert de Nordahl Lelandais, le 14 février 2018. — JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Des familles de disparus ont poussé mercredi à Lyon un « coup de colère », déplorant ne pas savoir si leur dossier fait partie ou non de la « quarantaine » pouvant avoir un lien avec Nordahl Lelandais, selon l’avocat Me Bernard Boulloud. « L’intervention du général Lecouffe, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », a fustigé à l’issue d’une conférence de presse Me Boulloud, conseil de six familles de disparus.

Le sous-directeur de la police judiciaire de la gendarmerie nationale, Jean-Philippe Lecouffe, avait annoncé le 18 février que la cellule Ariane avait dégagé une liste d’une « quarantaine » d’affaires dans lesquelles la piste de Nordahl Lelandais pouvait être envisagée. Cette cellule spécialisée a été créée en janvier 2018 pour effectuer des recoupements entre le « parcours de vie » de Nordahl Lelandais et quelque 900 dossiers de disparitions ou de crimes non élucidés dans une vingtaine de départements.

« Déshumanisation » de la justice

Nordahl Lelandais est mis en cause notamment pour l’enlèvement et le meurtre de la petite Maëlys au Pont-de-Beauvoisin (Isère) en août 2017 lors d’une fête de mariage, et pour la disparition et l’assassinat du caporal Arthur Noyer, en avril 2017 après une soirée dans le centre de Chambéry.

« On ne sait pas qui sont les quarante dossiers sélectionnés, les services judiciaires n’informent pas les familles », a regretté l’avocat, pointant du doigt la « déshumanisation » de la justice. « Si cette porte (Nordahl Lelandais) est fermée, on en prendra acte mais on ne sait rien, on est dans l’expectative, la douleur et moi, comme avocat, je fais le tampon », a estimé Me Boulloud, qui défend notamment les parents d’Arthur Noyer.

Selon les gendarmes, parmi la quarantaine de dossiers évoqués, une « majorité » sont des disparitions inquiétantes, « moins d’une dizaine » concernent des mineurs et beaucoup se situent « dans la région Rhône-Alpes, sans que cela soit exclusif ». Pour le vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes de l’association Assistance recherche de personnes disparues (ARPD), Philippe Folletet, cette absence d’information des proches « pose la question de la prise en compte des familles, qui ne sont pas considérées comme des victimes par les services de police et de gendarmerie ».