Portraits de Macron volés: A Lyon, les militants «climatiques» dénoncent la «répression policière»

ECOLOGIE Plusieurs portraits du président ont été volés dans la région pour dénoncer «l’inaction politique face à l’urgence climatique». Le 2 septembre, deux militants lyonnais seront jugés pour ces faits

Elisa Frisullo

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Le portrait d'Emmanuel Macron.(Illustration)
Le portrait d'Emmanuel Macron.(Illustration) — Thibault Camus/AP/SIPA
  • Après le vol d’un portrait d’Emmanuel Macron en février à Lyon, les deux militants écologistes sont convoqués devant la justice en septembre.
  • Lundi, six autres personnes d’Action Non-violente COP 21 ont été placées en garde à vue dans l’Ain pour avoir subtilisé un portrait du président le 2 mars.
  • Plusieurs associations et collectifs dénoncent aujourd’hui cette «répression».

Dans la région parisienne, les Pyrénées Atlantiques, le Haut-Rhin, les Bouches-du-Rhône, ou encore en Loire-Atlantique… Ces dernières semaines, plusieurs portraits du président de la République ont été dérobés dans des mairies ou institutions par des militants écologistes. Des actions destinées à « symboliser le vide » de la politique climatique de l’État. En Auvergne Rhône-Alpes, des vols de portraits ont eu lieu à Lyon le 21 février mais également Jassans-Riottier (Ain) le 2 mars.

Les deux militants d’Action Non-Violente COP21 qui ont « emprunté » le portrait d’Emmanuel Macron dans la mairie du IIe arrondissement ont été placés en garde à vue et sont convoqués devant la justice le 2 septembre. Ils devront répondre des faits de « soustraction du portrait du président de la République dans le cadre de faits commis en réunion ».

Après la « réquisition » d’un portrait présidentiel à Jassans-Riottier par treize militants d’ANV Cop21/Alernatiba Villefranche Beaujolais Saône, six personnes ont été convoquées à la gendarmerie de Trévoux lundi, puis placées en garde à vue avant d’être laissées libres.

« Le réel crime est de laisser perdurer un système qui mène au chaos »

Une réponse des forces de l’ordre vécue comme une véritable « répression » par les associations et collectifs écologistes. « Sortir le portrait du président des mairies c’est montrer la gravité de la situation, l’ampleur du changement climatique et le déclin de la biodiversité qui menacent la vie sur Terre dans un futur proche », indique ce mardi l’Union syndicale solidaires Rhône, en dénonçant « la répression policière qui s’abat contre les militants climatiques ».

Après l’annonce du procès des deux militants lyonnais, l’ANV COP 21 a également réagi. « La répression est montée d’un cran supplémentaire pour réprimer une action non-violente et symbolique (…) Cette convocation en justice est inacceptable car le réel crime est de laisser perdurer un système qui mène au chaos », estime l’association. Les militants ont d’ores et déjà prévu à une mobilisation le 2 septembre, pour « faire de ce procès celui de l’inaction politique face à l’urgence climatique ».

Dans le cadre de ces actions nationales, les militants impliqués se sont engagés à rapporter le portrait du Président de la République « une fois que le gouvernement aura amorcé une politique à la hauteur de l’urgence climatique ».

Peu après le vol au sein de sa mairie, le maire du IIe arrondissement de Lyon Denis Broliquier s’était indigné. « Il ne faut pas le minimiser. S’introduire dans une mairie dans le seul but de voler ce portrait est un acte de violence morale contre notre République, avait-il estimé. La défense du climat ne justifie en rien le vol d’un symbole de la République. Ce coup de com n’aide en rien à relever le défi climatique. »