Affaire Adidas/Crédit lyonnais: Bernard Tapie combatif au premier jour de son procès pour «escroquerie»

JUSTICE L’homme d’affaires est jugé jusqu’au 5 avril avec cinq coprévenus pour « escroquerie » dans l’affaire de l’arbitrage frauduleux de 2008

M.P. avec AFP

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Bernard Tapie le 7 janvier 2019 sur un plateau de LCI.
Bernard Tapie le 7 janvier 2019 sur un plateau de LCI. — RETMEN/SIPA
  • Bernard Tapie accuse, depuis 1994, le Crédit lyonnais de l’avoir lésé dans la revente d’Adidas.
  • En 2007, il avait fini par toucher plus de 400 millions d’euros en guise de réparation.
  • Mais cette décision cachait, selon des juges d’instruction, une « escroquerie » et un « détournement de fonds publics ».

Costume bleu sombre et chevelure blanche, sacoche à la main, Bernard Tapie, 76 ans, a fait une arrivée discrète à la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, en début d’après-midi ce lundi. l’homme d’affaires y est jugé jusqu’au 5 avril avec cinq coprévenus pour « escroquerie » dans l’affaire de l’arbitrage frauduleux de 2008.

Comparaissent à ses côtés son ancien avocat Maurice Lantourne, l’un des trois arbitres ayant rendu la sentence frauduleuse, Pierre Estoup, le patron d’Orange Stéphane Richard, directeur de cabinet de la ministre de l’Economie Christine Lagarde à l’époque des faits, et les deux ex-dirigeants des entités chargées de gérer le passif du Crédit Lyonnais, Jean-François Rocchi et Bernard Scemama. Tous sont accusés d’avoir organisé ou de s’être rendus complices d’une « escroquerie », à travers un arbitrage qu’ils savaient favorable à l’ancien patron de l’Olympique de Marseille.

Bernard Tapie a montré qu’il n’en était pas moins « déterminé »

Cette première journée était consacrée à des questions de procédure et a été marquée par quelques passes d’armes. Affaibli par un cancer de l’estomac, Bernard Tapie a montré qu’il n’en était pas moins « déterminé » à démontrer qu’il n’a pas « volé le contribuable » et a promis de rendre coup pour coup aux accusations d'« escroquerie » et de « détournement de fonds publics », qu’il conteste.

Tout au long de l’après-midi, le bonhomme a multiplié les apartés avec l’un de ses coprévenus et a commenté chaque prise de parole des deux camps dans la salle d’audience. Et sourire en coin, à la barre, l’homme d’affaires a acquiescé quand la présidente lui a demandé si sa profession déclarée est bien celle « d’acteur ». Il a souri également quand le tribunal a rappellé à l’ordre le public : « Ici, on n’est pas au spectacle ! » Profitant d’une suspension, Bernard Tapie venait d’improviser une conférence de presse à l’intérieur...

Bernard Tapie devrait être auditionné dès mardi

La première après-midi d’audience a été entièrement consacrée à des questions procédurales. Après avoir rejeté une demande de renvoi formulée par des liquidateurs judiciaires de Bernard Tapie, en faillite personnelle depuis décembre 1994, le tribunal a examiné des requêtes en nullité. L’occasion de premières piques entre les bancs de la défense et les parties civiles, à couteaux tirés.

Les avocats de Tapie et Lantourne demandent notamment l’annulation de l’ordonnance de renvoi, au motif que leurs clients sont poursuivis pour des faits pour lesquels ils n’ont pas été mis en examen. Le tribunal rendra sa décision à la reprise de l’audience, mardi à 13h30. En cas de poursuite des débats, Bernard Tapie devrait être auditionné dès mardi.

Bernard Tapie, également poursuivi pour « détournement de fonds publics », encourt sept ans d’emprisonnement et 375.000 euros d’amende.