Semaine des mathématiques: «J’apprécie désormais aussi les probas, c’est dire!»... Nos lecteurs racontent comment ils se sont réconciliés avec les maths

EDUCATION A l'occasion de la semaine des mathématiques qui démarre de ce lundi, «20 Minutes» a sollicité les souvenirs de ses lecteurs

Delphine Bancaud

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Un élève en cours de maths
Un élève en cours de maths — Pixabay
  • Tout le monde n’a pas la bosse des maths. Certains de nos lecteurs qui bloquaient sur la discipline, ont réussi à s’y intéresser grâce à la pédagogie innovante d’un enseignant.
  • Pour d’autres, la révélation a été plus tardive, car même à l’âge adulte on peut se rabibocher avec les maths.

A l’école, au collège ou au lycée, les problèmes, les fractions, les équations leur donnaient de l’urticaire… Jusqu’au jour où ils ont eu un déclic pour les maths. ​A l’occasion de la semaine des mathématiques qui démarre ce lundi partout en France et qui proposera de multiples initiatives pour redonner aux élèves français le plaisir des maths, 20 Minutes donne la parole à ses lecteurs.

Pour certains comme Mathéo, la révélation est venue grâce à un enseignant. C’est en terminale, qu’il s’est découvert une passion pour les maths, grâce une prof captivante : « Celle-ci avait une méthode particulière : découverte du chapitre, introduction avec une activité pour aborder les notions, puis distribution du beau polycopié avec le cours. Lecture du cours à voix haute pour surligner les choses importantes, expliquer tous les détails. Chacun devait ensuite faire une fiche de résumé qu’on amenait en cours à la place des polycopiés, ce qui permettait de savoir faire une fiche de révisions et en plus d’être simple et clair. Après, distribution du polycopié d’exercices. Et hop, c’était parti pour s’exercer, chacun avançait à son rythme, je n’allais pas très vite au premier trimestre. Mais la prof passait dans les rangs, s’intéressait à chacun et aidait tous les élèves quel que soit leur niveau. Ensuite, petit à petit, chacun allait corriger un exercice ou une partie au tableau sous son attention. La prof ne tolérait pas qu’un élève, étant passé au tableau, n’ait pas compris ce qu’il faisait. J’ai progressé au fur et à mesure et j’ai pris goût aux maths, qui sont devenues comme un jeu. J’ai intégré un IUT de Génie chimique et génie des procédés. Grâce à ma prof de terminale, j’ai appris à aimer les maths d’une part, et apprendre à travailler d’autre part. Je me régale maintenant à suivre les cours sur les équations différentielles, les intégrations ! ».

« J’apprécie désormais aussi les probas, c’est dire ! ».

C’est aussi grâce à un enseignant particulièrement pédagogue que Pascale a eu un sursaut en maths au collège : « J’ai eu un prof en 4e qui a donné de son temps pour m’aider bénévolement, quelqu’un qui aimait son métier et qui avait une bonne pédagogie. Cela a déverrouillé mon cerveau qui était loin d’être matheux ! » Même déclic au collège pour Bibioute : « J’ai eu un prof extraordinaire en 4e : monsieur Delbez. C’était un vieux grincheux, mais il avait l’œil vif et sa manière bien à lui de donner des cours avec des supers moyens mnémotechniques. Je n’y comprenais jamais rien, mais il a tout changé. Et je me suis mis à y prendre goût », raconte-t-il.

De son côté, Flora a réussi à se débloquer en maths grâce à une prof à domicile. Et ce n’était pas gagné car la jeune fille redoublait sa 1ere S et les maths étaient devenues sa hantise : « Ma prof particulière m’a redonné confiance dans cette matière. On a procédé par étapes. On s’attaquait aux chapitres un par un, d’abord ceux que je préférais (études de fonction, dérivation) et après ceux où ça ne passait pas du tout (probabilités, primitives, complexes, suites, etc.). Elle me donnait des méthodes et des astuces, elle démystifiait les maths et m’encourageait beaucoup. Petit à petit, exercices par exercices, j’ai doucement réussi à remonter ma moyenne. J’ai terminé mon lycée avec 8-10/20 en maths, ce qui était un miracle pour moi à l’époque parce que je n’y croyais plus du tout ! Et j’ai eu mon bac S. Je suis maintenant en BTS, je me débrouille seule en maths. Récemment, j’ai révisé un BTS blanc et j’ai eu un déclic. Je me suis souvenue de ma prof à domicile, des méthodes qu’elle m’avait données et c’était comme si tout ce qu’elle m’avait appris était revenu dans ma tête. Et le jour de l’épreuve de maths, j’ai enchaîné les exercices, ça a été superfluide, j’ai même fini en avance ! Et je m’en suis sortie avec un 15/20 ! J’ai repris goût aux maths et je n’angoisse plus du tout avant d’entrer dans ce cours ! J’apprécie désormais aussi les probas, c’est dire ! ».

Une révélation lors du cours sur les nombres imaginaires

Mais parfois ceux qui permettent à un élève de se rabibocher avec les maths ne sont pas du tout des profs. Pour Allain, ce fut son frère : « Pendant une longue maladie de mon grand frère de onze ans mon aîné, il s’était mis en tête de me faire progresser. J’ai eu droit à la méthode brutale, mais en CE2, je me suis retrouvé avec un niveau CM2… Après les maths semblaient faciles, voir ludiques. »

Pour Manu, l’amour des maths n’a pas été provoqué par un prof, mais plutôt par une partie du programme : « Le cours qui m’a le plus fait découvrir la beauté des mathématiques, c’est celui sur les nombres imaginaires, théorique et simple à la fois. On peut effectivement avoir du plaisir à faire des maths. »

Parfois le déclic arrive lorsqu’on est adulte

Et la révélation peut être tardive, comme ce fut le cas pour Caroline : « Je ne me suis vraiment réconciliée avec les maths qu’en faisant faire les devoirs à mes enfants. Revoir certains points trente ans après, ça a débloqué certaines choses.
Par contre, je persiste à penser qu’il faut repenser la façon d’enseigner les mathématiques. A partir de la 4e, tout est trop abstrait, on fait appliquer des formules bêtement, isoler des "x", factoriser des "x" et des "y"… sans rapporter cela un instant à la vraie vie, à du concret. Or, certains enfants ont besoin de ça pour s y intéresser », estime-t-elle. Idem pour Julien : « Je n’aimais pas les mathématiques. J’ai fait un bac S et je l’ai obtenu en ayant 5 en math. Je n’aimais pas cela et je n’arrivais pas à faire les exercices. Puis j’ai travaillé dans l’hôtellerie pendant douze ans jusqu’à ma reconversion professionnelle cette année pour devenir professeur des écoles. Ce concours comprend une épreuve de mathématiques. J’ai donc acheté un livre et j’ai tout recommencé. Maintenant je donne des cours de mathématiques et je me suis mis à apprécier cette matière. »

Mais parfois certains ont renoué avec les maths d’une manière différente, à l’instar de Ludovic : « Moi, je me suis réconcilié avec les maths en épousant une prof de math !!! Pourtant avec mon 2 de moyenne en BTS, je détestais les maths et puis… La vie est ainsi faite que si on aime on ne compte pas ! »