VIDEO. «Gilets jaunes»: L'acte 17 peine à mobiliser avant l'échéance du 16 mars

MOBILISATION Il y avait 28.600 manifestants ce samedi en France selon le ministère de l'Intérieur

Guillaume Novello

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Des «gilets jaunes» défilent à Bordeaux, samedi 9 mars, pour l'acte 17.
Des «gilets jaunes» défilent à Bordeaux, samedi 9 mars, pour l'acte 17. — GEORGES GOBET / AFP

Programme avorté à Paris, éclatement des revendications et des cortèges, mais des manifestants qui ne « lâchent rien »… Le mouvement des «gilets jaunes» peinait à trouver un nouveau souffle samedi pour son acte 17, une semaine avant sa mobilisation cruciale pour la fin du grand débat. Après presque quatre mois d’existence, le mouvement reflue depuis plusieurs samedis. Ainsi le ministère de l’Intérieur recensait 28.600 manifestants contre 39.300 pour l’acte 16.

Après presque quatre mois de manifestations hebdomadaires, le mouvement semble déjà tourné vers sa grande journée nationale du 16 mars. « On se prépare pour samedi prochain, ça va être gros », promet Christian, 67 ans, près des Champs-Élysées. L’acte 18 du mouvement aura lieu le lendemain de la fin officielle du grand débat et espère rassembler « la France entière à Paris » pour lancer un « ultimatum » au gouvernement. A une semaine de cette date cruciale, les « gilets jaunes » espèrent retrouver l’esprit des débuts du mouvement, lorsqu’ils avaient rassemblé 282.000 personnes sur les ronds-points et dans la rue le 17 novembre.

L’échec de la convergence

Ils n’ont toutefois pas réussi à imposer leur tempo samedi à Paris. Ils promettaient d'occuper le Champ-de-Mars tout le week-end, mais le projet a tourné court : les forces de l’ordre ont empêché toute installation près de la Tour Eiffel dès vendredi soir. A défaut, une poignée de « gilets jaunes », dont Priscillia Ludosky, se sont rassemblés avec des militants écologistes sous le monument dans la matinée.

Quant à la manifestation qui promettait de faire « converger toutes les mobilisations » dans les rues de la capitale samedi, elle a finalement provoqué une scission des manifestants. Au lendemain de la journée internationale des droits des femmes, un cortège emmené par des assistantes maternelles, vêtues de gilets roses, de femmes mobilisées contre les violences sexistes et arborant du violet, et de syndicats, ont fait plusieurs kilomètres dans Paris sur un parcours autorisé, avant de se disperser vers 16h sans incident.

« Si on s’arrête, on va retourner dans l’anonymat »

Pendant ce temps, plusieurs centaines de « gilets jaunes » ont préféré rester massés en haut des Champs-Elysées. Après quelques tensions sporadiques - des grenades lacrymogènes répondant à des jets de projectiles - les forces de l’ordre commençaient à utiliser des canons à eau en fin d’après-midi pour disperser progressivement les manifestants. « C’est une manif de Teletubbies aujourd’hui, soupirait Toufik à Paris. Ce trentenaire n’avait pas l’intention de rester mobilisé tout le week-end, sans pour autant vouloir jeter l’éponge. Si on s’arrête, on va retourner dans l’anonymat. »

En régions, le mot d’ordre restait le même : « on lâche rien », comme le chantaient des manifestants à Bordeaux, selon un journaliste de l’AFP. A Toulouse, autre foyer de la contestation, plusieurs dizaines de femmes ont pris la tête du cortège de plus d’un millier de « gilets jaunes », en scandant des slogans féministes en début d’après-midi. Ratée à Paris, la convergence s’est en revanche opérée à Nice, où des assistantes maternelles et leurs gilets roses ont rejoint la foule en jaune. D’autres manifestations se déroulaient sans incident majeur à Lyon, Saint-Brieuc, Caen, Rouen, Dijon, Lille, Strasbourg ou Nancy.