VIDEO. Restos du Cœur: «La moitié des personnes qui bénéficient de notre aide ont moins de 25 ans»

INTERVIEW Selon Patrice Blanc, le président des Restos du Coeur, 38 % des personnes qui bénéficient de l’aide des Restos du Cœur sont des mineurs et 12 % ont entre 18 et 25 ans

Propos recueillis par Manon Aublanc

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Le début de la collecte nationale des Restos du Coeur à Bourgoin-Jallieu le 11 mars 2017.
Le début de la collecte nationale des Restos du Coeur à Bourgoin-Jallieu le 11 mars 2017. — ALLILIMOURAD
  • Vendredi et samedi, les Restos du Cœur organisent une collecte nationale pour récolter des denrées alimentaires et des produits de première nécessité.
  • Cette collecte doit permettre d’alimenter les 2.000 centres de France entre mai et octobre. 
  • En 2018, l’association avait réuni un peu plus de 7.900 tonnes, de quoi préparer huit millions de repas.

Pour aider les plus démunis, les Restos du cœur entament, ce vendredi, deux jours de collecte nationale d’aide alimentaire. Le but ? Constituer des stocks de denrées alimentaires pour alimenter les 2.000 centres en France pendant toute la période estivale.

En 2018, près de 7.900 tonnes de denrées alimentaires et de produits de première nécessité avaient été récoltées. Cette année, les bénévoles espèrent faire encore mieux et récolter plus de 8.000 tonnes de denrées alimentaires. De quels produits l’association a-t-elle besoin ? 20 Minutes a interrogé Patrice Blanc, le président des Restos du cœur.

Quel est le but de cette collecte nationale estivale ?

Cette collecte est très importante, elle doit permettre d’alimenter les centres qui vont rester ouverts pendant la période estivale, c’est-à-dire de mai à octobre. Pour contredire la chanson (Emmenez-moi de Charles Aznavour), la misère n’est pas moins pénible au soleil, elle est même aussi dure qu’en hiver. Et chaque année, on a besoin de plus en plus de produits, car malheureusement la pauvreté ne diminue pas.

De vendredi à samedi, et même dimanche matin dans certains endroits, des bénévoles seront présents dans 7.000 supermarchés de toute la France. Les gens qui le souhaitent pourront déposer des denrées alimentaires ou des produits de première nécessité auprès des bénévoles. Ces produits seront ensuite envoyés vers l’entrepôt départemental, avant d’être répartis entre les différents centres, proportionnellement au nombre de personnes qui viennent dans chaque centre.

Quels sont les produits dont vous avez besoin en priorité ?

Il ne faut absolument pas donner de produits frais. On a besoin de produits qui se conservent et non périssables, des boîtes de conserve de viande, de poisson, de légumes, de fruits, de l’huile, des pâtes, du riz. Mais on a également besoin de produits d’hygiène, auxquels on pense moins : des produits d’hygiène féminine, comme des serviettes périodiques ou des tampons, et d’hygiène pour bébé, comme des couches ou du lait maternisé.

Les profils des personnes qui se rendent aux Restos du cœur ont-ils changé ?

Il y a de plus en plus de jeunes, notamment entre 18 et 25 ans : des étudiants, des demandeurs d’emploi, ou des jeunes salariés précaires. Malheureusement, en dessous de 25 ans, il n’y a même pas le filet de sécurité qu’est le RSA.

Près de 50 % des personnes qui bénéficient de l’aide des Restos du cœur ont moins de 25 ans : 38 % d’entre eux sont des mineurs et 12 % ont entre 18 et 25 ans. Les 50 % restants sont des adultes, essentiellement des familles monoparentales, et pour la plupart des mères célibataires. On observe également que de plus en plus de retraités, dans une situation précaire, viennent nous voir.

En 2018, les Restos du cœur ont préparé près de 130 millions de repas. Comment se répartissent l’ensemble des dons alimentaires ?

En plus de la collecte nationale, une partie de l’aide alimentaire récoltée provient de la lutte contre le gaspillage alimentaire. Ce sont des supermarchés, des agriculteurs, des industries agro-alimentaires qui nous donnent directement des produits alimentaires. La seconde partie des produits alimentaires sont achetés avec le Fonds pour l’aide aux plus démunis (FEAD), distribué par l’Union européenne. En dernier lieu, on utilise aussi les dons financiers des particuliers pour acheter des denrées et des produits de première nécessité.