TGV: Grosse colère des «naufragés» d'un Marseille-Paris coincés à Lyon pour la nuit

TRAFIC Parti à 20h01 de Marseille, le TGV devait arriver à Paris à 23h26 mais a connu un problème technique et un retard de plus de 7 heures, avec une nuit passée à Lyon  

P.B.

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Les passagers d'un TGV Marseille-Paris ont dû dormir dans le train en gare de Lyon-Perrache dans la nuit du 7 au 8 mars 2019 à cause d'un problème technique.
Les passagers d'un TGV Marseille-Paris ont dû dormir dans le train en gare de Lyon-Perrache dans la nuit du 7 au 8 mars 2019 à cause d'un problème technique. — Twitter/@Naitchalal

Le trajet a viré au cauchemar. « Nous sommes bloqués à Lyon, des passagers sont obligés de faire le boulot des agents SNCF. La distribution des boîtes repas n’a commencé que vers 0h30. Il y a des enfants, des familles et même des animaux dans ce train, et aucune explication sérieuse de la SNCF. » Kélim ne décolère pas. Comme plusieurs centaines de passagers, cet usager d’un TGV Marseille-Paris a dû passer la nuit dans le train en gare de Lyon-Perrache. Peu de personnel en place, peu de communication, pas de chauffage et pas de lumière, ces « naufragés » se sont tournés vers Twitter pour s’informer et s’entraider.

Kélim continue d'envoyer des updates à 20 Minutes: « Ça y est, 4h01 on part, arrivée prévue à Gare de Lyon à 6h20. Toujours aucune explication et aucune excuse non plus ! 4h11 le train doit stationner monmentanement à Lyon- Part Dieu. On a roulé 7 min, j'en peux plus. 4h17 : on est reparti vers Paris. Toujours pas de lumières dans la salle basse de la voiture 5. 4h36 : Enfin le TGV atteint la ligne à grande vitesse! Mais pas d’heure d’arrivée prévue communiquée pour le moment.» 7h00: fin du calvaire. Avec 7h34 de retard. Selon Kélim, la SNCF a évoqué des «bruits suspects et des mesures de sécurité» pour justifier l'arrêt à Lyon et le changement de train.

Attachés l’un à l’autre, les deux TGV sont partis de Marseille à 20h01 et devaient rejoindre Paris à 23h26. Après un premier arrêt à Valence de 40 minutes, le train est reparti à vitesse réduite et arrivé à Lyon à 23h00. « On a eu aucune information, on a dû aller en demander. Quand il a fallu changer de train aux alentours de minuit, on a dû s’expliquer entre passagers où il fallait aller. On nous a dit qu’on ne repartirait pas avant 4h-4h30 car la ligne grande vitesse est fermée pour travaux » en milieu de nuit, précise Kélim.

Kits de nuit et paniers repas laissés en plan

Un peu avant minuit, d’autres passagers passent un coup de gueule sur Twitter : « Au secours !! Coincés dans le train à 23 : 54 sans manger ni boire… la promesse SNCF ?? Demain on repart pour Paris… donc on va dormir dans le train SOS »

Les naufragés ont dû quitter leur TGV pour monter dans un autre train sur le même quai. « Il y avait des kits de nuit laissés au pied de la porte et des cartons de paniers repas dans l’emplacement pour bagages. On a dû se charger de faire la distribution », raconte Maël. Dans le kit de nuit : couverture, masque, peigne, serviette rafraîchissante et bonbon à la menthe. Au menu : salade de pâtes, biscottes, bouteille d’eau et fraises Tagada.

Le kit de nuit et le repas des passagers d'un TGV coincé à Lyon pour la nuit.
Le kit de nuit et le repas des passagers d'un TGV coincé à Lyon pour la nuit. - Twitter/@Naitchalal

Maël précise qu’il a tenté de contacter le community manager du compte Twitter de la SNCF depuis 21h00. « Aucune réponse. » L’entreprise n’a pas non plus répondu au message de 20 Minutes. L’appli SNCF, elle, indique que le train est arrivé à Paris à 0h03.

« Soirée pyjama »

Selon Kélim, le chef de bord du premier TGV a évoqué le chiffre de 800 passagers (dans deux trains à double étage), expliquant qu’il n’était pas possible d’héberger autant de monde à l’hôtel vu l’heure. « Il y a beaucoup d’enfants surtout et de femmes enceintes. Certaines ont réussies à partir en prenant un hôtel à leur frais. Pour leur expliquer la situation, une maman a dit à ses deux enfants qu’ils allaient faire une ''soirée pyjama'' », sourit Maël.

Selon lui, pour tenter de dormir, « la plupart des passagers sont descendus dans les wagons du dessous où il fait plus chaud et beaucoup sont sur les quais. C’est lamentable. Je prends le train toutes les semaines je n’avais encore jamais vu ça. » Il ne s’attend même pas à être remboursé : « Nous sommes pour la plupart en abonnement TGV MAX donc je ne pense pas. On aura un bon de 5€ comme d’habitude. »