«Gilets jaunes»: Plus de 13.000 tirs de LBD depuis le début du mouvement

COMPTAGE Laurent Nuñez s’exprimait devant les sénateurs à l’occasion de l’examen d’une proposition de loi demandant l’interdiction de l’usage des LBD dans les manifestations

20 Minutes avec AFP

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Des policiers face aux "gilets jaunes", le 9 février 2019 à Bordeaux.
Des policiers face aux "gilets jaunes", le 9 février 2019 à Bordeaux. — UGO AMEZ/SIPA

Plus de 13.000 tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) ont été enregistrés depuis le début du mouvement des « gilets jaunes » en novembre, a annoncé ce jeudi Laurent Nuñez au Sénat. Le secrétaire d’État à l’Intérieur a indiqué que 83 enquêtes concernant des tirs de cette arme controversée sont en cours.

« Au total depuis le début du mouvement dit "les gilets jaunes", on compte environ 2.200 blessés parmi les manifestants, et 83 enquêtes en cours à l’IGPN et à l’IGGN impliquant des faits concernant des tirs de LBD », a déclaré le secrétaire d’État à l’Intérieur. « Chaque tir étant précisément enregistré, nous savons qu’il y a eu 13.095 tirs de LBD depuis le début du mouvement », a-t-il ajouté.

« Aux limites de la légitime défense »

Laurent Nuñez s’exprimait devant les sénateurs à l’occasion de l’examen d’une proposition de loi du groupe CRCE (à majorité communiste) demandant l’interdiction de l’usage des LBD dans les manifestations. « Le LBD répond à la multiplication des situations où les forces de l’ordre se trouvent aux limites de la légitime défense », a plaidé le secrétaire d’État. « Si nous supprimions le LBD, il ne resterait dans bien des cas que le corps à corps ou les armes de service ».

« J’aimerais que l’on ne se méprenne pas, s’il n’y avait pas de violence, il n’y aurait pas de blessés chez les manifestants, ni chez les forces de l’ordre », a-t-il déclaré. « S’il n’y avait pas de casseurs, s’il n’y avait pas d’agresseurs, il n’y aurait aucun tir de LBD ». « Nous sommes confrontés sur le terrain à des individus extrêmement violents qui veulent en découdre (…) ces violences transforment en réalité les manifestations en émeutes », a-t-il souligné.

1.500 blessés parmi les forces de l’ordre

« Cela change tout. Aux techniques de dispersion classiques de cortèges, il faut substituer des techniques qui sont destinées à lutter contre des violences urbaines, contre des émeutes ». « Depuis le 17 novembre, il y a eu près de 1.500 blessés parmi les forces de l’ordre, qu’il s’agisse de policiers, de gendarmes et même de pompiers », a précisé Laurent Nuñez. « Depuis le 17 novembre on a compté près de 80 dégradations majeures sur des bâtiments publics ».

Mercredi, le Premier ministre Edouard Philippe a souligné qu'« en France, on a un État de droit », après que la Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a réclamé une « enquête approfondie » sur les violences policières qui émaillent la crise des « gilets jaunes ». « On n’a pas attendu le Haut-Commissaire pour faire la lumière sur l’ensemble des faits dès lors qu’il y a des plaintes », a répliqué Édouard Philippe.