LGV Lyon-Turin : Le Premier ministre italien estime que le projet n'est pas utile

TRAIN Le gouvernement italien doit décider d'ici à vendredi de poursuivre ou non les travaux de la liaison ferroviaire 

C.G. avec AFP

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Des policiers italiens gardent le 23 mars 2013 à Chiomonte une galerie de reconnaissance sur le chantier de la ligne du TGV Lyon-Turin, mise en cause par les écologistes
Des policiers italiens gardent le 23 mars 2013 à Chiomonte une galerie de reconnaissance sur le chantier de la ligne du TGV Lyon-Turin, mise en cause par les écologistes — Marco Bertorello AFP

Le TGV Lyon-Turin n’est « pas un projet dont l'Italie a besoin ». Cette phrase signée Guiseppe Conte a fait l’effet d’une bombe. Jeudi après-midi, le Premier ministre italien a clairement indiqué que la liaison à grande vitesse entre les deux villes n’était pas utile. « J’ai exprimé de forts doutes et ma perplexité sur l’opportunité de cet ouvrage. Je ne suis vraiment pas convaincu qu’il s’agisse d’un projet dont l’Italie a besoin », a-t-il déclaré lors d’un point presse.

Un peu plus tôt dans la journée, le gouvernement italien a fait savoir qu’il entendait renégocier avec la France et l’Union européenne ce projet et la répartition des coûts. Car le sujet divise profondément au sein de l’exécutif italien.

Il alimente depuis des mois les polémiques au sein de la majorité formée par la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini, favorable à la ligne à grande vitesse (LGV), et le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème) de Luigi Di Maio, farouchement opposé au projet qu’il considère comme un gaspillage d’argent public.

« Répartir différemment ses coûts économiques »

Rome estime que de récentes évaluations, notamment « en matière de volume de trafic sur les rails », imposent de renégocier avec les partenaires du projet « afin de vérifier s’il est toujours pertinent et, si tel est le cas, de la possibilité de répartir différemment ses coûts économiques ».

Or le temps presse : Bruxelles a maintes fois réaffirmé ces dernières semaines que le Lyon-Turin était une infrastructure « fondamentale pour l’Italie, la France et l’Europe » et averti l’Italie qu’elle risquait de voir s’envoler les financements de l’UE en cas de coup d’arrêt au projet.

18 milliards d’euros

Vieux de plusieurs décennies, le projet de LGV Lyon-Turin vise à réduire les transports de marchandises en camions au profit du rail et à diviser par deux le temps de trajet pour les passagers, en mettant Turin à deux heures de Lyon.

Il est chiffré à 18 milliards d’euros. Le tunnel de base coûterait 8,6 milliards d’euros, les voies d’accès côté français 7,7 milliards et 1,7 milliard du côté italien.