VIDEO. Affaire Barbarin: «J'ai décidé d'aller voir le Saint-Père pour lui remettre ma démission», annonce l'archevêque de Lyon

PEDOPHILIE DANS L'EGLISE L'archevêque de Lyon, condamné ce jeudi à six mois de prison avec sursis, a annoncé qu'il allait remettre sa démission au Pape

E.F. avec C.G.

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Le cardinal Philippe Barbarin
Le cardinal Philippe Barbarin — SIPA
  • L'archevêque de Lyon a annoncé ce jeudi midi qu'il allait remettre sa démission au pape.
  • Le cardinal Barbarin a été condamné à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé à la justice les agissements pédophilies dont le père Preynat est accusé par d'anciens scouts de Sainte-Foy-les-Lyon.
  • A l'annonce du jugement, les victimes avaient fait part de leur souhait de voir le cardinal prendre ses responsabilités et quitter son poste. 

Une déclaration qui n’a duré qu’une minute. Ce jeudi midi, le cardinal Barbarin, condamné à six mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d’actes pédophiles devant le tribunal correctionnel de Lyon, a annoncé qu’il allait démissionner.

« Je prends acte de la décision du tribunal. Indépendamment de mon sort personnel, je redis ma compassion pour les victimes. J’ai décidé d’aller voir le Saint-Père pour lui remettre ma démission. Il me recevra dans quelques jours », a indiqué le Primat des Gaules, avant de s’éclipser de la maison diocésaine, où il avait prévu de s’exprimer devant les médias à l’issue de son jugement.

Une faute détaillée dans le jugement

Ce jeudi matin, l’archevêque de Lyon, absent au palais de justice, a été reconnu coupable « de non-dénonciation de mauvais traitements » envers un mineur entre 2014 et 2015, pour ne pas avoir signalé à la justice les agissements pédophilies du Père Bernard Preynat.

Dans son jugement, le tribunal a détaillé la faute commise par le Primat des Gaules âgé de 68 ans. « Alors même que ses fonctions lui donnaient accès à toutes les informations et qu’il avait la capacité de les analyser et les communiquer utilement, Philippe Barbarin a fait le choix en conscience, pour préserver l’institution à laquelle il appartient, de ne pas les transmettre à la justice », peut-on lire dans la décision de justice.

Une démission souhaitée par les victimes, mais qui « arrive trop tard »

A la sortie de la salle d’audience, les victimes, qui reprochaient à Philippe Barbarin d’avoir couvert l’ancien curé de Sainte-Foy-lès-Lyon (mis en examen pour agressions sexuelles sur mineurs mais encore non jugé) avaient fait part de leur souhait de voir le cardinal prendre ses responsabilités.

« L’Eglise fait ce qu’elle veut depuis toujours. On a beau lui dire les choses, elle ne les entend pas. Mais il semble évident, et on n’avait pas besoin de la décision de la justice pour le savoir, que le cardinal ne peut en aucun cas continuer à occuper son poste, car il est dans une situation d’orateur, de directeur de conscience, et a priori absolument pas conscient de la gravité des faits qui lui sont reprochés », avait notamment souligné François Devaux, cofondateur de La Parole Libérée.

Peu après la déclaration express du cardinal ce jeudi midi, l’ancien scout de Sainte-Foy-lès-Lyon a déclaré à l’AFP que cette démission « arrive trop tard » pour l’Eglise. « Il était temps. Fallait-il aller aussi loin pour prendre une telle décision ? », a-t-il ironisé. Et d’ajouter : « La décision aurait dû être prise depuis très longtemps. C’est le Pape qui aurait dû la prendre ».

Une précédente démission en 2016 ?

Ce ne serait pas la première fois que le cardinal, pris dans la tourmente de cette affaire depuis trois ans, présente sa démission, selon des membres du diocèse interrogés par 20 Minutes. « En 2016, il a déjà présenté sa démission au Pape et ce dernier avait refusé », confient-ils. Sans clairement évoquer alors la proposition de Philippe Barbarin, le Pape François avait exclu toute décision en ce sens, en mai de cette même année.

« Ce serait un contresens, une imprudence. On verra après la conclusion du procès. Mais maintenant, ce serait se dire coupable », avait estimé le souverain pontife dans une interview à La Croix. Une position qui pourrait évoluer avec la condamnation en justice du primat des Gaules…

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