Aveyron: La justice a tranché, la fameuse commune de Laguiole retrouve l'usage de son nom

PATRIMOINE Le célèbre village aveyronnais a obtenu de la justice de retrouver l’usage de son nom. Un entrepreneur parisien avait déposé la marque Laguiole et l’utilisait pour bien d’autres choses que des couteaux ou du fromage

20 Minutes avec AFP

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Fabrication d'un couteau Laguiole.
Fabrication d'un couteau Laguiole. — Guillermin - Sipa
  • Mardi, la justice a rendu à la commune de Laguiole la possibilité de disposer de son nom.
  • La marque Laguiole avait été déposée par un entrepreneur de la région parisienne en 1993.
  • Elle lui permettait de commercialiser sous licence un tas de produits qui n’avaient rien à voir avec le village aveyronnais.

Vêtements, engrais ou même barbecues, un tas d’objets sont commercialisés sous la marque Laguiole, sans que leur fabrication ait le moindre lien avec le village aveyronnais célèbre dans le monde entier pour ses couteaux pliants ou son fromage. Cette incongruité tient au sens de l’opportunité de Gilbert Szajner, un entrepreneur du Val-de-Marne. En 1993, il a déposé la marque Laguiole et autorise depuis divers fabricants à utiliser la licence moyennant une redevance.

Gilbert Szajner a géré sa marque avec rigueur, empêchant certains commerçants de la commune de citer Laguiole sur leur enseigne. Il s’est même opposé à l’adoption d’un logo par la mairie.

20 ans à couteaux tirés

Son coup marketing a privé la commune, et même les fameux couteaux – les vrais – de l’usage du nom Laguiole et ouvert deux décennies de bras de fer judiciaire.

Le duel a longtemps été remporté par l’entrepreneur. Mais en 2014, la Cour de cassation a remis les compteurs à zéro. Et, ce mardi, la cour d’appel de Paris a annulé 20 marques « Laguiole » déposées par Gilbert Szajner.

Le maire de la commune ne cache pas sa joie. « On va retrouver la possibilité d’utiliser notre nom, ce qu’on nous a retiré ! », a-t-il confié à l’AFP après avoir appris la nouvelle. « Les Laguiolais vont pouvoir déposer le nom de Laguiole, ajoute Vincent Alazard, et relocaliser de l’activité dans le village en développant des produits autour de notre identité ».

Gilbert Szajner et son fils sont par ailleurs condamnés à verser solidairement 50.000 euros de préjudice moral à la commune, un moindre mal, puisqu’elle réclamait cinq millions.

Le patron n’a pas encore réagi à la décision de justice. Il a encore la possibilité de ressortir les couteaux en se pourvoyant en cassation.