Attaque «terroriste» à la prison d’Alençon: L’établissement pénitentiaire bloqué par des surveillants

GREVE Condé-sur-Sarthe, Fleury-Mérogis, Besançon, Grasse ou encore Nantes... Une dizaine de prisons sont bloquées, ce mercredi, en soutien aux deux surveillants blessés mardi 

Manon Aublanc

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Un surveillant de prison (illustration).
Un surveillant de prison (illustration). — FRED SCHEIBER/20 MINUTES/SIPA

Après l’agression, ce mardi, de deux surveillants de la prison de Condé-sur-Sarthe, près d’Alençon (Orne), par Michaël Chiolo, un détenu radicalisé de 27 ans qui disait « vouloir venger » Cherif Chekatt, l'auteur de l'attentat de Strasbourg le 12 décembre dernier, des centaines de surveillants ont décidé de bloquer les établissements pénitentiaires, un peu partout sur le territoire, ce mercredi.

Devant l’établissement de Condé-sur-Sarthe, les gardiens de prison ont allumé un feu, faisant brûler des pneus et des palettes, d’après plusieurs journalistes présents sur place.

A Fleury-Mérogis (Essonne), environ 200 personnes étaient également rassemblées devant la prison la plus grande d’Europe, pour soutenir les deux agents blessés la veille, a-t-on appris de source syndicale. « Les collègues veulent aller bosser mais on ne les laisse pas, on ne les envoie pas dans un mouroir », a déclaré Thibault Capelle, délégué local FO-Pénitentiaire.

Des débrayages ou des blocages des entrées de prison ont également été signalés dans d’autres établissements par des syndicats comme au centre pénitentiaire de Longuenesse (Pas-de-Calais), à Grasse (Alpes-Maritimes), au Muret (Haute-Garonne), Foix (Ariège) ou encore Nantes.

« On repart sur nos plateformes revendicatives »

Mardi, les deux syndicats FO-Pénitentiaire et la CGT-Pénitentiaire avaient lancé des appels au blocage pour dénoncer l’insuffisance de moyens humains dans les prisons, révèle Franceinfo. « Nous avons décidé dès ce mercredi de partir en mouvement social avec un blocage total de tous les établissements », avait déclaré Yoan Karar, secrétaire général adjoint du Syndicat national pénitentiaire Force ouvrière, premier syndicat chez les surveillants de prison, ce mardi au micro de Franceinfo. « Nous continuerons de faire ce que l’on doit faire pour obtenir ce qui nous est dû », avait-il ajouté.

« On repart sur nos plateformes revendicatives », à la fois sur la sécurité des personnels et sur une évolution statutaire, avait indiqué, de son côté, Emmanuel Baudin, secrétaire général de FO-Pénitentiaire Une action suivie par la CGT-Pénitentiaire, qui avait également appelé, ce mardi, « à des actions partout sur le territoire, qui iront jusqu’au blocage sur pas mal d’établissements », avait déclaré son secrétaire général, Christopher Dorangeville, sur Franceinfo.

Une attaque qui « rappelle très fortement les événements de janvier 2018 »

Pour la CGT, l’attaque « terroriste » à la prison d’Alençon « rappelle très fortement les événements de janvier 2018 ».

En janvier 2018, un détenu radicalisé avait également agressé un surveillant à la prison de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais. Un incident qui avait déclenché un mouvement de contestation de trois semaines et qui avait pris fin avec la signature d’un accord avec le ministère de la Justice.