Qui est Michaël Chiolo, l'assaillant présumé de la prison de Condé-sur-Sarthe?

TERRORISME Condamné à 30 ans de prison pour le meurtre d'un octogénaire, il se serait radicalisé en prison et a dit avoir voulu «venger Cherif Chekatt»

P.B. avec AFP

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Le RAID est intervenu à la prison de Condé-sur-Sarthe où s'était retranché un détenu radicalisé, le 5 mars 2019.
Le RAID est intervenu à la prison de Condé-sur-Sarthe où s'était retranché un détenu radicalisé, le 5 mars 2019. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Un vagabond « dangereux et manipulateur » devenu détenu radicalisé. Michaël Chiolo, le détenu qui est accusé d’avoir poignardé mardi matin deux surveillants à la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe, a été interpellé dans la soirée à l’issue d’un assaut des forces de l’ordre au cours duquel sa compagne a été tuée. Les gardiens ont été grièvement blessés au visage et au thorax. Ils ont été hospitalisés mais leurs jours ne sont pas en danger.

Il a dit avoir agi « pour venger Cherif Chekatt », l’auteur de l’attentat sur le marché de Noël de Strasbourg. Condamné à 30 ans de réclusion en 2015 pour avoir tué un octogénaire rescapé de Dachau lors d’un cambriolage, Michaël Chiolo semble s’être radicalisé en détention.

Condamné pour avoir tué un octogénaire

En 2012, Michaël Chiolo a 20 ans quand il tue, au sein d’un trio de marginaux, un octogénaire dont il convoitait le coffre-fort, quelques jours après avoir braqué une bijouterie. Roger Tall, qui s’était échappé du camp de concentration de Dachau, succombe à ce vol à main armé, étouffé par du scotch. Mi-décembre 2015 à Metz : Michaël Chiolo est condamné en appel à 30 ans de réclusion criminelle pour enlèvement et séquestration suivi de la mort. L’enquête le décrit comme « dangereux et manipulateur », sans remords.

Né en Moselle le 11 juillet 1991, à la frontière franco-allemande, Michaël Chiolo était, selon l’enquête, désocialisé depuis l’âge de 17 ans et en fuite de son foyer quand il est arrêté en avril 2012. Pour l’expert psychiatre, Michaël Chiolo présente un « trouble de la personnalité grave de type dissociale », sur lequel les psychothérapies sont « sans effet ». « Risque de récidive violente majeure » et « grande dangerosité », note-t-il. En 2010, il s’affichait pourtant heureux et amoureux sur son blog, fier de ses origines italiennes et converti à l’islam, sous le nom d’Abdel-Karim.

Condamné pour apologie du terrorisme

Un mois plus tôt, le tribunal de Mulhouse l’a reconnu coupable d’apologie du terrorisme. Michaël Chiolo avait demandé à ses codétenus de rejouer la tuerie du Bataclan dans la cour de la maison d’arrêt. Suivi par le renseignement pénitentiaire et inscrit au fichier pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), il n’était libérable qu’en 2038.

Selon nos confrères de francetvinfo, Michaël Chiolo a rencontré Cherif Chekatt en détention. Les deux hommes, qui passés par plusieurs centres pénitentiaires dans l’Est de la France entre 2010 et 2015, notamment à Nancy et Epinal, auraient passé 175 jours ensemble en détention.

Marlène Schott, avocate de l’ami de Michaël Chiolo, se souvient d'« un jeune homme paumé » au premier procès, sans signe de radicalisation. « Au deuxième procès, il était beaucoup plus inquiétant (…) sur la défensive » et le sujet s’impose à l’audience. Les débats mentionnent un incident en détention à Epinal : « Il avait obligé ses codétenus à boire huit litres d’eau par jour pour se purifier. »