Attaque «terroriste» à la prison d'Alençon: Que sait-on de cette double agression à Condé-sur-Sarthe?

DETENUS Un détenu a agressé deux surveillants pénitentiaires ce mardi, les blessant avec un couteau en céramique

Lucie Bras

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L'intervention est toujours en cours à la prison de Condé-sur-Sarthe dans l'Orne.
L'intervention est toujours en cours à la prison de Condé-sur-Sarthe dans l'Orne. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Un détenu radicalisé a agressé ce mardi deux surveillants de la prison de Condé-sur-Sarthe, près d’Alençon, dans l’Orne. La ministre de la Justice Nicole Belloubet a qualifié cet acte d'« attaque terroriste ». 20 Minutes fait le point sur la situation. 

Que s'est-il passé ?

Michaël C., détenu de droit commun de 27 ans, se trouvait avec son épouse dans une Unité de vie familiale [un endroit où les détenus peuvent passer du temps avec leur famille] quand les faits se sont produits. Il a attaqué deux surveillants de la prison de Condé-sur-Sarthe, à l’aide d’un couteau en céramique vers 9h45, selon la direction de l’administration pénitentiaire.

L’homme est « toujours retranché avec sa femme » dans l’Unité de vie familiale, selon Nicole Belloubet. Le Raid et les ERIS (équipes régionales d’intervention et de sécurité) de Rennes étaient sur place, mais aucun contact n’a été « établi » avec le détenu, en raison de la présence d’un autre prisonnier dans l’unité vie familiale, dans une cellule voisine, a-t-elle précisé.

Qui est le détenu suspecté d’avoir commis l’agression ?

Michaël C. purge une peine de 30 ans de réclusion criminelle pour arrestation, enlèvement, séquestration suivie de mort et vol avec arme, et d’un an d’emprisonnement pour apologie publique d’acte de terrorisme. Il était libérable en 2038.

Avec un complice, ils avaient été condamnés en décembre 2015 en appel à Nancy pour avoir étouffé un homme de 89 ans, après l’avoir séquestré et « momifié » à son domicile près de Metz en 2012. Originaires de Saint-Avold (Moselle), les deux hommes s’étaient rendus le 17 avril 2012 au domicile de Roger Tarall, 89 ans, à Montigny-lès-Metz, pour le cambrioler. Le corps de la victime, morte par asphyxie, avait été découvert le lendemain.

En novembre 2015, alors qu’il était déjà incarcéré à Mulhouse dans l’attente de son jugement en appel, Michaël C. avait été condamné à un an de prison ferme pour avoir demandé à ses codétenus de « rejouer » l’attaque du Bataclan dans la cour de la maison d’arrêt. « Après Paris, j’aurais continué en province », aurait dit le jeune homme à un codétenu, selon des propos rapportés par les surveillants de la maison d’arrêt.

Quel est l’état de santé des deux surveillants pénitentiaires ?

Leur pronostic vital n’est pas engagé. « Ils ne sont pas en danger », a confirmé la ministre de la Justice Nicole Belloubet ce mardi. L’un des gardiens aurait été touché au visage, l’autre au ventre .L’un d’eux était cependant toujours au bloc opératoire à Alençon, lors de la prise de parole de la ministre. 

Comment le détenu a-t-il pu se procurer un couteau ?

Ce couteau en céramique aurait pu lui avoir été fourni par sa femme. Dans ce cas, de par sa matière, il n’a pas été repéré lors du passage au détecteur de métaux. Mais une source interrogée par 20 Minutes évoque la possible présence de couteaux dans l’Unité de vie familiale, pour permettre aux détenus et à leur famille de manger.

Pourquoi l’attaque est-elle qualifiée de terroriste ?

C’est la ministre de la Justice qui a qualifié l’acte de « terroriste ». Lors d’un point presse à la cellule de crise du ministère ce mardi, Nicole Belloubet a assuré qu'« il faudra tirer toutes les conséquences de cette attaque terroriste ». La section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie de l’enquête, et le procureur de la République de Paris Rémy Heitz est attendu à Condé-sur-Sarthe.