«Gilets jaunes»: De nouveaux appels à manifester à l'aube d'un mois symbolique

MOBILISES Les « gilets jaunes » appellent déjà à manifester le 16 mars, au lendemain de la clôture du grand débat national

20 Minutes avec AFP

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Marche de "gilets jaunes" à Sisteron, le 24 février 2019.
Marche de "gilets jaunes" à Sisteron, le 24 février 2019. — LOUAI BARAKAT/SIPA

En mars, les « gilets jaunes » veulent frapper fort. Les manifestants se mobilisent à nouveau samedi dans toute la France pour la 16e journée, alors que la contestation entre dans son quatrième mois. Un mois symbolique qui coïncide avec la fin du grand débat national.

Plusieurs figures du mouvement, Eric Drouet, Priscillia Ludosky et Maxime Nicolle, ont appelé à des mobilisations les week-ends du 9 et surtout du 16 mars pour une grande mobilisation parisienne, au lendemain de la clôture du grand débat. Face à la fronde populaire inédite contre sa politique, partie d’un ras-le-bol contre la hausse des taxes avant de s’étendre à des revendications hétéroclites, Emmanuel Macron a lancé le 15 janvier un débat national pour que chaque Français puisse exprimer ses doléances pendant deux mois. De nombreux « gilets jaunes » rejettent ce débat, qu’ils qualifient de « mascarade ».

Retour aux « sources » des manifestations

Sont attendues samedi les désormais traditionnelles manifestations hebdomadaires aux quatre coins du pays. A Paris, un parcours reliant l’Arc de Triomphe à la place Denfert-Rochereau a été déclaré en préfecture. D’autres mots d’ordre circulent, dont celui d’un groupe Facebook « Gilets jaunes acte 16 : insurrection » qui appelle à « revenir aux sources en ne déclarant pas les manifs pour retrouver ce côté spontané qui faisait peur au gouvernement ».

A Lille, les organisateurs ont appelé les « gilets jaunes » de la région et des pays voisins (Belgique, Angleterre, Luxembourg, Pays-Bas, Allemagne) à « converger » vers la métropole. « La lutte est internationale », affirme le message de l’événement Facebook traduit en anglais et allemand. A Lyon, les « gilets jaunes » appellent à un rassemblement régional pour une « marche noire », demandant aux manifestants de venir vêtus de noir, « symbole du deuil » de l’avenir du mouvement « promis au mépris et à l’obscurantisme si nous n’agissons pas ensemble ».

A Bar-le-Duc, un projet de « marée jaune » relayé sur les réseaux sociaux a amené la préfecture de la Meuse à prendre un arrêté interdisant la vente et transport « de produits combustibles et/ou corrosifs, carburants et gaz inflammable », « pétards, pièces d’artifices et fusées de détresse » et « d’aérosols de peinture ». A Nantes, la mobilisation s’annonce « très tendue », selon une source policière.

Les forains se mobilisent

Des organisations de forains ont également appelé à se mobiliser, avec notamment des opérations escargots un peu partout en France, contre l’ordonnance du 19 avril 2017 qui menace, selon eux, leur profession. Ce sera un « tour de chauffe » avant une manifestation nationale prévue le 16 mars, a prévenu dans une vidéo leur porte-parole, Marcel Campion. En région, des manifestations sont prévues à Marseille, Nice, Montpellier, Alès, Strasbourg, Nantes, Bordeaux, Toulouse…

Emmanuel Macron, cible de toutes les récriminations, a appelé vendredi à un « retour au calme » en jugeant « intolérables » les violences, parfois spectaculaires, ayant émaillé chaque samedi de manifestation. Le président a déjà appelé au calme ces dernières semaines, en vain.