Laurent Wauquiez et la tête de liste LR aux européennes, FrançoisXavier Bellamy
Laurent Wauquiez et la tête de liste LR aux européennes, FrançoisXavier Bellamy — SEBASTIEN BOZON / AFP

POLITIQUE

Européennes: «Chacun essaye d'imposer son candidat», le casse-tête de Wauquiez pour la liste LR

La Commission d'investiture des Républicains devrait débattre mercredi d'une «trentaine de noms» pour la liste aux européennes sans préciser les positions des candidats

  • Les Républicains ont déjà annoncé leur trio de tête pour la liste des européennes.
  • La Commission nationale d’investiture (CNI) doit débattre mercredi d’une « trentaine de noms » pour le scrutin du 26 mai prochain.
  • Laurent Wauquiez espère ainsi mobiliser l’ensemble des candidats avant de trancher.

A moins de trois mois des européennes la droite s’active. Pour l’instant, seuls les trois premiers des 79 noms de la liste Les Républicains sont déjà connus : François-Xavier Bellamy, Agnès Evren et Arnaud Danjean. La Commission nationale d’investiture (CNI) doit débattre mercredi d’une « trentaine de noms » pour le scrutin du 26 mai prochain. Mais, petite surprise : elle ne devrait pas préciser leur position sur la liste.

« Les 30 noms seront donnés par ordre alphabétique », confirme Damien Abad, le vice-président du parti. « Cela permet de commencer la campagne avec 30 candidats qui vont se déployer, sans se poser la question des éligibles et des non-éligibles », indiquait, dès lundi, l’entourage de Laurent Wauquiez.

Casting à la candidature éligible

Les scores des derniers sondages (de 9 à 13 %) promettent aux Républicains entre dix et quinze sièges au Parlement européen. Un nombre de places restreint, qui a convaincu Laurent Wauquiez de lancer une sorte de « casting » à la candidature. « L’objectif est de créer une émulation pour maintenir tout le monde dans le même bateau, pour que tous soient actifs dans la campagne, poursuit Damien Abad. Pendant un mois et demi, l’idée est que chacun montre qu’il n’est pas là pour une place, mais par conviction politique. Les places seront ensuite décidées avant le dépôt officiel de la liste [au plus tard le 3 mai 2019], en fonction du mérite de chacun, de sa capacité à mobiliser. »

« On a deux mois pour faire démentir les sondages, il faudra être tous unis sur cet objectif-là », abonde Lydia Guirous, porte-parole du parti et candidate à une position éligible.

« C’est une formule habile pour refréner les ardeurs de certains »

Officiellement donc, les meilleurs candidats auront les meilleures places. La solution permet aussi au patron de la droite de gagner du temps. « Qu’on essaye de temporiser pour ne pas valoriser ou blesser les ego, ça me paraît plutôt bien. C’est une formule habile pour se laisser le temps de la réflexion et refréner les ardeurs de certains », juge Philippe Gosselin, député LR proche de Valérie Pécresse. « On a souvent vu par le passé des gens arriver comme des seigneurs en position éligible, car bien nés ou bien capés. Tu veux être dans les premiers ? Montre ce que tu vaux, car cette fois les places sont chères », s’amuse-t-il.

Laurent Wauquiez, parfois malmené en interne, doit composer sa liste avec de multiples facteurs. La CNI a acté le principe d’un renouvellement à 50 % des vingt premières places de la liste, mais de nombreux eurodéputés LR sortants souhaitent être reconduits, comme Nadine Morano, Brice Hortefeux, Rachida Dati ou encore Geoffroy Didier. D’autres noms circulent comme ceux de l’ex-députée Laurence Arribagé, ou du proche de Nicolas Sarkozy, Frédéric Péchenard.

« Une liste, c’est une alchimie difficile à trouver. Il faut respecter l’équilibre des territoires, les différentes sensibilités politiques, les âges, le nombre de sortants, de nouveaux, d’anciens, les thématiques des uns et des autres… C’est un équilibre complexe », insiste Damien Abad.

Une liste soumise à l’avis de Nicolas Sarkozy

Cette solution d’attente permettra-t-elle d’éviter la guerre des ego ? « Ça va être compliqué à gérer car les candidats seront en compétition non-stop. Mais Laurent Wauquiez n’est pas dans une position facile. Chacun essaye d’imposer son candidat. Il va falloir une liste qui donne envie, pas une liste des petits arrangements », tranche un membre de son entourage. Un homme de l’ombre pourrait peut-être l’y aider. Un certain Nicolas Sarkozy. « Je sais que la liste lui a été soumise, poursuit ce proche, et qu’il y a eu des échanges entre les deux hommes sur certains noms ».