VIDEO. Grand débat national: On a laissé traîner nos oreilles en gare Matabiau, au «stand de proximité»

CITOYEN Dans le cadre du grand débat national, les citoyens sont invités à participer en remplissant des formulaires en gare Matabiau, dans un « stand de proximité »

Béatrice Colin
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Un stand de proximité sur le "grand débat national" a été installé en gare Matabiau lundi et mardi.
Un stand de proximité sur le "grand débat national" a été installé en gare Matabiau lundi et mardi. — B. Colin / 20 Minutes
  • A l’occasion du grand débat national des « stands de proximité » sont installés dans des lieux de passage afin que chacun puisse participer.
  • A Toulouse, ce « stand de proximité » est en place pour deux jours, lundi et mardi, en gare Matabiau.

Ils ont déployé leurs kakémonos « Grand débat national »au beau milieu de la zone arrivée de la gare Matabiau. Pas de quoi attirer les foules en délire, mais Juliette et François-Xavier n’ont pas une minute à eux.

Ces étudiants de Sciences-Po Bordeaux ont tous deux été volontaires pour tenir le « stand de proximité » destiné à recueillir les contributions des citoyens sur les quatre grands thèmes officiels du grand débat national.

Patiemment, ils expliquent aux voyageurs comment leurs réponses seront exploitées. Un moyen pour François-Xavier de participer et en même temps « d’avoir une expérience et comprendre les enjeux en échangeant avec les gens ».

Et les échanges, ce n’est pas ce qui manque. Certaines personnes sont défiantes, « ils pensent que l’on est encarté à En Marche ou qu’on est des agents du gouvernement », relève François-Xavier.

GAFA, services publics…

Un voyageur l’interpelle, lui demandant « si tout ça ne va pas finir au placard, comme les rapports parlementaires ». L’étudiant lui rétorque qu’il ne faut pas être cynique. « Cynique, mais regardez Castaner et ses déclarations sur les violences policières, ce n’est pas cynique ça ? », interroge son interlocuteur.

Le débat s’engage, l’homme évoque la petite école qui va fermer dans son village, les services publics de moins en moins nombreux dans les campagnes, les programmes scolaires. Pour lui, « tout est déjà cadenassé ».

Accoudée sur la table, Céline remplit les formulaires mis à sa disposition. Cette professeure de collège en région parisienne ne se contente pas de cocher les cases, elle noircit les feuilles pour aborder les sujets qui lui tiennent à cœur, passés à la trappe selon elle.

C’est ce qui l’a retenue jusqu’à présent de participer à ce Grand débat national, que les thèmes soient prédéfinis.

L’enseignante n’est pas « gilet jaune », mais pas contre non plus. « J’aurai aimé qu’on aborde la question de la taxation des Gafa et des grands groupes pétroliers, de la souveraineté nationale qui rejoint la question fiscale, et de l’Europe aussi, parce qu’on en a marre qu’on nous dise qu’on est anti-européens alors que c’est faux, c’est juste de cette Europe-là et de cette commission européenne dont on ne veut pas », plaide-t-elle entre deux réponses aux questionnaires distribués.

Pour elle, ce qui est né en novembre dernier ne s’arrêtera pas là. Mais ce sur quoi cela débouchera, elle ne sait pas et a peur que « si cela reste lettre morte ça dégénère ».

Pendant que Céline continue à coucher sur le papier ses idées, un monsieur d’un certain âge parle avec Juliette qui prend des notes pour rendre compte de leurs échanges. Des notes qui seront ensuite récupérées et compulsées par une société privée. Et dont chacun attend de voir ce qu’il en ressortira après.