VIDEO. Nantes: «Attachez-vous, ça freine fort!»... Avec les premiers passagers de la navette autonome

TRANSPORTS Depuis lundi, la navette autonome de Bouguenais embarque gratuitement des passagers

Julie Urbach

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La navette autonome de Nantes, le 4 mars 2019
La navette autonome de Nantes, le 4 mars 2019 — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Le mini-bus 100% électrique et sans chauffeur est en test dans des conditions de circulation réelles et peut embarquer une dizaine de personnes à bord.
  • Capable de franchir des ronds-points et de s'arrêter aux feux, elle a cependant tendance à un peu abuser du freinage.
  • Des ajustements seront effectués jusqu'à la fin de la période de test, mi-mai.

Les choses sérieuses démarrent. Après trois semaines de test « à blanc » dans la zone aéroportuaire de Bouguenais près de Nantes, la navette autonome passe à la vitesse supérieure. Au sens figuré puisque si ce mini-bus 100 % électrique et sans chauffeur continue de rouler jusqu’à 18 km/h, dans des conditions de circulation réelles, il peut désormais embarquer des passagers.

Lundi midi, on a donc attendu ce drôle de véhicule à l’un des trois arrêts de son parcours de 2,5 km. Après quelques minutes et plusieurs coups de gong au loin, il s’est gentiment arrêté (tout seul, donc) pour nous ouvrir ses portes colorées. « Bonjour et bienvenue, nous lance le médiateur, dont la présence est pour le moment indispensable, et pas uniquement parce que c’est la loi. Asseyez-vous ou vous voulez. Mais attachez-vous, car ça peut freiner fort… »

Navette « très très prudente »

Dans le véhicule de huit places, les autres passagers restent eux aussi bien calés au fond de leur siège. Histoire de ne pas trop se faire secouer lors des coups de frein, il faut le dire, plutôt fréquents. Une voiture double, la navette s’arrête brutalement. Un camion arrive dans l’autre sens et la frôle de trop près, idem. Un groupe de piétons marche en bordure du trottoir, rebelote… « La navette est très très prudente et a tendance à piler dès qu’elle repère un obstacle, admet Gilles Farge, le responsable du projet à Nantes métropole. Pour éviter que trop de voitures la doublent, on a dû peindre une ligne blanche sur une ligne droite. Il y a encore plein d’ajustements à faire. »

Car si la navette sait franchir les ronds-points et attendre aux feux, elle n’est pas encore prête à circuler réellement toute seule. Ce lundi, une voiture mal garée lui a par exemple donné du fil à retordre. « Je dois la repasser en mode "manuel" pour que l’on passe le giratoire, témoigne le médiateur, une manette dans les mains. Par contre, une fois que l’obstacle est passé, elle sait retrouver sa trajectoire. »

Serein et au sec

Malgré ces quelques difficultés, l’expérience de 13 minutes, qui permet aux employés de la zone aéroporturaire de rejoindre le restaurant inter-entreprises, reste bluffante. « Depuis le temps qu’on en entend parler, je ne suis pas déçu, confie un salarié de Naval Group, qui en a profité pour prendre un petit selfie. Je me suis senti serein et en sécurité pendant tout le trajet. Et on reste au sec ! »

Ce voyage permet aussi à ces salariés, habitués des nouvelles technologies, de poser plein de questions techniques, et notamment sur les radars qui permettent à ce type de véhicule de se repérer dans l’espace et de scanner son environnement. Si vous avez ce même type d’interrogations, on vous renvoie vers notre article qui présentait les principales caractéristiques de la navette lors de son arrivée à Bouguenais. Mais pour ceux qui souhaiteraient la voir de leurs propres yeux et y embarquer, c’est possible gratuitement pendant la pause de midi, jusqu’à la mi-mai.