Féminisme: Mobilisation ce vendredi pour l’égalité salariale lors de la journée des droits des femmes

SEXISME L'heure symbolique de 15h40, à partir de laquelle une femme travaille « gratuitement », a été choisie

20 Minutes avec AFP

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La marche des femmes il y a un an
La marche des femmes il y a un an — SIPA

​La Journée internationale des droits des femmes, vendredi 8 mars, sera l’occasion d’une mobilisation pour l'égalité salariale, notamment via une grève à 15 h 40, heure à partir de laquelle les femmes travaillent « gratuitement », ont expliqué lundi les responsables d’un collectif de 38 associations et syndicats. « Nous représentons 52 % de la population française. (…) Notre salaire est inférieur de 26 % à celui des hommes. De ce fait, à partir de 15 h 40, nous travaillons gratuitement », ont expliqué les organisatrices de cette mobilisation.

Sous le slogan commun « 8 mars, 15 h 40, l’heure des comptes », de nombreux rassemblements sont prévus à l’heure fatidique dans pas mal de villes de France. Les manifestants sont invités à se munir d’un foulard violet.

Un baromètre de l’égalité hommes-femmes en entreprise

Les organisateurs ont également appelé à des grèves et débrayages dans les entreprises à 15 h 40. « C’est une grève féministe, donc le mot d’ordre s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes », a souligné Ana Azaria, de l’organisation Égalité. Cette mobilisation intervient alors que les grandes entreprises françaises ont commencé vendredi, en application d’une nouvelle loi, à publier leur « index de l’égalité hommes-femmes », visant à réduire les inégalités professionnelles. Ce nouveau thermomètre est accompagné de pénalités financières.

De nombreuses militantes féministes se disent toutefois déçues par ce nouvel outil : « L’obligation de résultat imposée aux entreprises a été vidée de son contenu », a ainsi estimé Sophie Binet, chargée des questions d’égalité femmes-hommes à la CGT. Ses modalités concrètes ont été « négociées par le lobby patronal de façon à masquer toutes les inégalités de rémunération », si bien que « toutes les entreprises du CAC 40 ont des notes supérieures à 75 sur 100, alors que les écarts de rémunération y sont bien réels », selon elle.

Convergence des luttes le week-end

Samedi, au lendemain du 8 mars, la mobilisation se poursuivra avec la convergence de plusieurs luttes : celle des Foulards violets féministes, celle des « Gilets jaunes », et celle des Gilets roses, autrement dit des assistantes maternelles en colère. Les « nounous », qui, selon le collectif, « symbolisent la dévalorisation des métiers à prédominance féminine », s’inquiètent d’une éventuelle réforme des règles d’indemnisation du chômage, qui leur permettent actuellement de percevoir un complément de revenu en cas d’activité réduite.

L’acte XVII de la mobilisation des « gilets jaunes » sera consacré samedi aux droits des femmes. « On partira, comme les autres samedis, des Champs-Élysées, mais on sera majoritairement des femmes en tête de cortège », a indiqué Sophie Tissier, une « gilet jaune » qui a dit déplorer que le mouvement soit « dominé par les hommes » et non exempt de sexisme.