VIDEO. Emeutes à Grenoble: Le point sur la situation après une troisième nuit de violences dans le quartier Mistral

AFFRONTEMENTS Plusieurs quartiers de Grenoble et des communes voisines ont connu des scènes de violences dans la nuit de lundi à mardi après la mort de deux jeunes tués lors d’une course-poursuite avec la police

Elisa Frisullo

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A Grenoble, ce mardi 5 mars 2019.
A Grenoble, ce mardi 5 mars 2019. — AFP
  • Depuis la mort de deux jeunes tués à scooter lors d’une course-poursuite avec la police, de violents heurts opposent en soirée des habitants du quartier Mistral aux forces de l’ordre.
  • Des scènes d’émeutes qui se sont étendues la nuit passée à d’autres quartiers de la ville et à des communes voisines.
  • Le père de l’une des victimes a lancé un appel au calme.

Les carcasses de voitures brûlées et les nombreux dégâts sur le mobilier urbain témoignent ce mardi matin, dans plusieurs quartiers de Grenoble (Isère), de la violence qui a de nouveau agité la ville dans la nuit de lundi à mardi. Trois jours après la mort de deux jeunes de 17 et 19 ans, tués à scooter samedi soir dans le quartier Mistral lors d’une course-poursuite avec la police, de nouvelles scènes d’émeutes ont éclaté dans la ville et ont commencé à se propager à quelques communes alentour. 20 Minutes vous détaille ce qu’il faut savoir pour tout comprendre aux vives tensions qui troublent la cité iséroise.

La piste « d’un accident » pour la justice, « une bavure » pour les habitants

Une information judiciaire a été ouverte dimanche par le parquet de Grenoble pour éclaircir les circonstances dans lesquelles les deux victimes – qui circulaient sans casque sur un scooter de grosse cylindrée, volé et dépourvu de plaques – ont trouvé la mort samedi en percutant un autocar, alors qu’un véhicule de la brigade anticriminalité les suivait. Lors d’une conférence de presse organisée au lendemain du drame, le procureur de Grenoble, Eric Vaillant, a écarté tout choc entre le véhicule de la police qui suivait les deux jeunes et le scooter. « J’ouvre une information pour recherche des causes du décès. Je ne vise aucune infraction commise par les uns ou les autres », a-t-il expliqué, précisant que l’enquête ne faisait que débuter. Un appel à témoin a été lancé par la police pour recueillir des témoignages sur les circonstances précises dans lesquelles les deux jeunes ont percuté par un car. Mais dans le quartier Mistral, où vivaient les deux garçons, l’idée d’une « bavure policière » s’est rapidement répandue, entraînant des incidents à Mistral dès samedi soir.

 

 

Un adolescent de 16 ans grièvement blessé à l’œil

Au cours des affrontements de samedi soir, un garçon de 16 ans a été blessé à l’œil dans le quartier Mistral dans des circonstances qui restent vagues. Sa mère a porté plainte lundi, selon le parquet de Grenoble, des voisins lui ayant indiqué que son fils aurait été victime d’un tir de balle en caoutchouc. « A ce stade, nous ne disposons d’aucune autre information », a précisé lundi soir le procureur de la République de Grenoble, Eric Vaillant, qui a ouvert une enquête pour « violences volontaires avec arme suivies d’une ITT supérieure à huit jours ». Des faits qui n’ont pas manqué d’ajouter à la suspicion envers les forces de l’ordre d’une partie des habitants, selon plusieurs messages postés sur les réseaux sociaux.

De violents affrontements, une interpellation

Dans la nuit de mardi, après deux précédentes soirées de violences, de nouveaux affrontements ont opposé des habitants de Mistral aux forces de l’ordre. Des scènes d’émeutes, avec jets de projectiles et cocktails Molotov, ont également eu lieu jusqu’au milieu de la nuit dans les quartiers de la Villeneuve, Teisseire et Village olympique, a précisé ce mardi matin à 20 Minutes la préfecture de l’Isère. Dans des communes voisines, Echirolles ou Fontaine notamment, la nuit a également été agitée. « Des dizaines de véhicules ont été brûlées et une personne a été interpellée », ont ajouté les services de l’Etat. Cet homme de 25 ans est notamment soupçonné de jets de projectiles sur les forces de l’ordre. Difficile de connaître ce mardi le bilan de ces heurts. Deux CRS ont été très légèrement blessés et une habitante a été transportée à l’hôpital après avoir respiré des fumées depuis son palier, a indiqué la préfecture.

Un appel au calme lancé par le père de l’une des victimes

Lundi soir, le père de l’un des deux garçons tués à scooter a appelé « les jeunes à rester calme ». « J’ai vu un avocat, c’est lui qui va faire son travail. Il faut laisser la justice faire son travail. Merci à tout le monde », a-t-il indiqué sur Franceinfo. Un apaisement aussi réclamé par le maire (EELV) de Grenoble, Eric Piolle : « J’appelle au calme et à ne pas rajouter de la violence urbaine au drame », a-t-il écrit sur son compte Twitter, après s’être rendu lundi dans le quartier Mistral pour rencontrer les habitants et les acteurs de la ville. Des messages qui, lundi soir, n’ont pas été entendus.