Heure d'été ou heure d'hiver... Sur quel horaire vaut-il mieux régler (définitivement) nos montres?

TIC TAC L'Union européenne a lancé une grande consultation citoyenne sur le changement d'heure, pour recueillir les préférences de chaque pays

Lucie Bras

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L'Union européenne va-t-elle sonner la fin du changement d'heure?
L'Union européenne va-t-elle sonner la fin du changement d'heure? — Pixabay
  • L’Union européenne a lancé une grande consultation auprès des populations sur le changement d’heure.
  • D’après les chiffres, les Français souhaiteraient majoritairement conserver l’heure d’été.
  • Heure d’été ou heure d’hiver, le choix aura des conséquences sur nos vies.

Trop de contraintes, trop compliqué… Les Européens semblent avoir sonné le glas du changement d’heure. Dans une consultation lancée par la Commission des Affaires européennes de l’Assemblée et qui s’est achevée dimanche, plus de 80 % des consultés seraient favorables à la fin du changement d’heure. Si l'on en croit les chiffres, plus de 55 % des Français souhaiteraient adopter définitivement l'heure d'été. Santé, sommeil… Ces choix auront des conséquences sur notre quotidien. 

Co-président de l’Association européenne heure d’été, Paul-Frédéric Casset milite pour l’établissement perpétuel de l’heure d’été, « pour bénéficier de 20 à 30 % de soleil en plus », assure-t-il. En pratique, l’heure d’été, ce sont deux heures de décalage entre l’heure française et l’unité de temps internationale, le temps universel coordonné (UTC + 2).

La Bretagne contre la Côte d’Azur

Si les plages d’ensoleillement restent inchangées en heure d’hiver et d’été, ce sont les heures de lever et de coucher du soleil qui ont un réel impact sur notre vie quotidienne. Paul-Frédéric Casset explique : « Si on gardait l’heure d’hiver, en été, il ferait chaud beaucoup trop plus tôt. Les ouvriers du bâtiment seraient obligés de modifier leurs horaires. Et sur la Côte d’Azur, le soleil se coucherait à 19h30 le 15 août. Pour une région si touristique, c’est dommage. »

En Bretagne, on n’est pas de cet avis. Le 11 décembre dernier, Marc Le Fur, député des Côtes-d’Armor, a exposé le « problème breton » lors des questions au gouvernement. « Si on généralisait l’heure d’été, cela ferait deux heures d’avance pour tout le monde. Et nous risquons des absurdités. Le 22 décembre à Brest, le soleil se lèverait à 10h11. Vous imaginez le décalage que cela créerait en particulier dans l’Ouest du pays qui serait particulièrement impacté ? »

Un « jet lag » social

Outre un hiver difficile pour les habitants de l’ouest de la France, un autre argument pèse lourd en faveur de l’heure d’hiver. Un consensus de scientifiques s’est positionné en faveur de l’heure d’hiver, pour prévenir les conséquences sur la santé. « En été on se couche en fonction de l’heure du soleil. Quand le soleil se couche plus tard, ça retarde l’endormissement. Mais l’heure de réveil, elle, ne change pas. Ca induit des durées de sommeil raccourcies en été et un creusement de la dette de sommeil », note Claude Gronfier, neurobiologiste chercheur à l’Inserm et au centre de recherches en neurosciences de Lyon (CNRL).

Ce « jet lag social » entraîne des effets chroniques sur la santé de toute la population : obésité, surpoids, anxiété, dépression, troubles du sommeil… Des troubles que l’on retrouve déjà chez les lève-tard du week-end, notamment chez les adolescents, indique le chercheur, qui estime que la question a été mal posée par l’Union européenne. Difficile de trancher rationnellement entre l’heure d’été et l’heure d’hiver pour les citoyens, mal informés sur les conséquences de chaque proposition.

Les résultats définitifs de la consultation, à laquelle 670.000 Français ont participé, devraient être rendus publics dans les prochains jours et transmis aux institutions européennes, mais n’ont pas de valeur contraignante. Les deux camps ont encore le temps de s’affronter avant la prise d’une décision définitive. Craignant un grand chaos si les pays européens ne parviennent pas à un consensus, l’industrie aérienne a demandé du temps pour effectuer une « immense reprogrammation » des vols, notamment pour respecter les couvre-feux des aéroports. La nouvelle heure ne devrait ainsi pas être appliquée avant l’été 2021.