Soupçons d'agressions sexuelles au PCF: La réaction du parti provoque la colère des internautes

REACTION La réaction du Parti communiste, jugée tardive et insuffisante, a déclenché la colère et l'indignation des internautes. 

Manon Aublanc

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Siège du PCF, place colonel Fabien, le 21 juin 2007.
Siège du PCF, place colonel Fabien, le 21 juin 2007. — SIMON ISABELLE/SIPA

Après l’Unef et le Mouvement des jeunes socialistes, c’est au tour de la branche jeunesse du Parti communiste français (PCF) d’être rattrapé par le scandale  #Metoo. Alors que plusieurs jeunes femmes, appartenant aux Jeunesses communistes, ont dénoncé les agressions et les violences sexuelles dont elles ont été victimes, la réaction du parti a déclenché la colère et l’indignation des internautes.

Le 24 février dernier, L'Obs avait publié les témoignages de plusieurs jeunes femmes, victimes d’agressions sexuelles et de viols au sein des Jeunesses communistes depuis plusieurs années, notamment à l’occasion de soirées arrosées.

Le PCF conseille aux victimes « de saisir à chaque fois la justice »

Quatre jours après, le 28 février dernier, la direction du Parti communiste français (PCF) avait réagi, dans un communiqué, conseillant aux victimes « de saisir à chaque fois la justice » et « de préserver l’anonymat des victimes comme des mis en cause ».

« Comme c’est déjà le cas au PCF, en cas de plainte auprès du tribunal, les mis en cause seront suspendus de leur fonction et de leur droit dans l’attente de la décision de justice et exclus en cas de condamnation », avait précisé le parti.

« C’est à vous de faire le boulot »

Mais cette réponse, jugée tardive et insuffisante, a déclenché la colère des internautes et notamment de Caroline De Haas, la créatrice du Groupe F, première agence non gouvernementale de lutte contre les violences faites aux femmes. « Quand on réagit à des faits de violence, on commence par parler aux victimes. À souligner leur courage. Leur force. Apporter son soutien. Vous n’avez pas UN MOT à leur attention (oui, je mets des majuscules quand je suis éberluée) », a-t-elle déclaré sur Twitter.

« C’est à vous de faire le boulot. Vu la gravité des faits dont témoignent de nombreuses femmes, vous devez déclencher une enquête interne. Pour identifier les violences, ce qui a empêché qu’elles vous remontent, pourquoi l’organisation n’a pas pu les empêcher », a-t-elle décrit dans un second message, interpellant directement le PCF.

« Vous protégez tous les prédateurs sexuels »

Une opinion partagée par d’autres internautes, mais aussi par des sympathisants du parti.