VIDEO. «Gilets jaunes» à Nantes: Echauffourées et dégradations samedi, 15 interpellations au final

MANIFESTATION Nantes était samedi la ville de l'ouest choisie pour la 16e journée de mobilisation

D.P. avec AFP

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Une arrestation à Nantes samedi.
Une arrestation à Nantes samedi. — Fred TANNEAU / AFP

Encore beaucoup de scènes de violences. Des échauffourées et des dégradations ont eu lieu lors de la manifestation des «gilets jaunes» samedi à Nantes, ville choisie pour une manifestation régionale dans le cadre de la 16e journée de mobilisation, donnant lieu à quinze interpellations.

Selon une source policière, 1.800 manifestants ont été dénombrés dans l’après-midi. Il y a eu quinze interpellations, essentiellement pour des jets de projectiles et pour port d’armes, et trois ou quatre blessés légers chez les protestataires, d’après un bilan de la préfecture de Loire-Atlantique.

Des violences dès le début de la manif

Dès le début de la manifestation vers 14h, les premières violences entre manifestants et forces de l’ordre ont éclaté. « Il y a eu des jets de projectiles contre les forces de l’ordre, preuve que ce n’est pas une manifestation qui a dégénéré mais bien le but de la manifestation », a indiqué la préfecture.

En milieu d’après-midi, la situation s’est tendue devant la préfecture, avec l’utilisation de canons à eau et de LBD (lanceurs de balle de défense).

D’après la préfecture, « il y a eu moins de manifestants qu’on craignait et moins de manifestants que lors de l’acte 12 » le 2 février « où Nantes avait aussi été le lieu de la manifestation régionale ».

Beaucoup de casse

« Il y a eu beaucoup de dégradations, du mobilier, des abribus, une agence bancaire, une agence de voyages, un commerce », a détaillé la préfecture, qui évoque aussi le jet de cocktails Molotov. Toutefois, « les manifestants n’ont pas pu entrer comme ils le voulaient dans l’hypercentre, le dispositif a été efficace », selon la même source.

Des manifestants ont aussi lancé des bouteilles d’acide sur des forces de l’ordre qui ont répliqué par du gaz lacrymogène, non loin du centre hospitalier universitaire.

Depuis le début de la fronde des « gilets jaunes », Nantes a souvent été le théâtre de violences et de dégradations.

Le dispositif était renforcé pour l’occasion

Vendredi, dans un communiqué, le préfet de Loire-Atlantique Claude d'Harcourt avait annoncé « un dispositif de sécurité renforcé inégalé depuis le début du mouvement », mi-novembre.

« Au vu de l’ampleur de la manifestation annoncée dans le centre-ville de Nantes samedi et compte tenu des violences et des dégradations déjà constatées au cours des précédents rassemblements, la préfecture mettra en œuvre tous les moyens à sa disposition pour assurer le respect de l’ordre et de la tranquillité publics ainsi que la sécurité des personnes et des biens », assurait le communiqué.

Déterminés à poursuivre

Dans le cortège, plusieurs « gilets jaunes » ont fait part de leur détermination à poursuivre le mouvement. « Je pense que ça va continuer, j’espère ! Il y a eu du découragement, c’est normal, on fatigue mais faut pas lâcher. Je me bats pour mon pouvoir d’achat et la fin des privilèges. J’ai envie de travailler pour vivre pas pour survivre », a déclaré Estelle L., 42 ans, agente d’entretien venue du Maine-et-Loire.

« Il (Emmanuel Macron) peut appeler au calme s’il augmente les retraites et baisse le coût de la vie », a dit Francis Blain, un retraité de 63 ans. « Je ne crois pas du tout au grand débat. C’est M. Macron qui le fait : on ne voit et on n’entend que lui », a-t-il ajouté.