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NUMERIQUEPôle Emploi recrute sans CV pour dénicher les futurs talents du numérique

Nantes: Pôle Emploi recrute sans CV pour dénicher les futurs talents du numérique

NUMERIQUEDes sessions de recrutement par simulation pour le métier de codeur développeur ont eu lieu cette semaine
Géraldine Ollive (au centre), conseillère Pôle emploi, anime un exercice avec des candidates au métier de codeur-développeur.
Géraldine Ollive (au centre), conseillère Pôle emploi, anime un exercice avec des candidates au métier de codeur-développeur. - F.Brenon/20Minutes
Frédéric Brenon

Frédéric Brenon

Les métiers du numérique sont devenus en quelques années l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois de la région nantaise. Croissance de l’activité oblige, c’est aussi l’un des domaines où les besoins de recrutements sont les plus importants (3.000 embauches par an en moyenne). Seulement voilà, les candidats diplômés ne suffisent plus et de nombreux postes restent inoccupés faute de postulants répondant aux critères recherchés.

Pôle Emploi a donc décidé de changer d’approche en allant chercher des candidats atypiques pouvant donner satisfaction. Il applique pour cela la méthode de recrutement par simulation (MRS), « ouverte à tous, sans CV ». Trois sessions ont ainsi été proposées cette semaine à Nantes pour le métier « très en tension » de codeur développeur.

« Tout le monde sur un pied d’égalité »

Cinq personnes ont participé à la session de jeudi. L’une venait du bâtiment, l’autre du marketing, une autre reprenait une activité professionnelle après une pause de 15 ans… Aucune n’avait l’expérience ou le niveau de qualification requis, « minimum bac +3, un bon niveau d’anglais, souvent une école d’ingénieur ». « L’objectif de la méthode par simulation est de détecter la capacité à faire. Cela passe par des exercices révélant les habiletés demandées pour l’exercice du métier. Le diplôme, l’âge, l’origine sociale ne comptent pas. Tout le monde est sur un pied d’égalité », justifie Géraldine Ollive, conseillère Pôle Emploi.

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« Je n’aurai jamais pu y prétendre »

Ce jeudi, les candidats ont planché pendant quatre heures d’affilée sur une dizaine épreuves : messages codés, parcours chiffrés, figures à construire, document à synthétiser, calculs… « On évalue le sens logique, la compréhension des consignes, la concentration, l’autonomie, l’adaptation… La capacité à communiquer et à s’entraider également. Un codeur développeur doit savoir travailler en équipe ou s’adresser à un client, par exemple », explique Géraldine Ollive.

« C’était assez intense, réagit à chaud, Emma, 25 ans. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre mais ça m’a plu. Maintenant, j’espère que ça va marcher. » « Les exercices font appel à des choses que l’on fait dans la vie quotidienne sans y prêter attention. Je ne sais pas ce que ça va donner mais il fallait tenter », confie Patrick, 33 ans. « C’est une chance à saisir, reconnaît Caroline, 44 ans. Le métier de codeur peut me correspondre mais, sans cette méthode de recrutement, je n’aurai jamais pu y prétendre. »

« La méthode a fait ses preuves »

Les candidats ayant obtenu la note minimale seront conviés à un entretien puis pourront suivre une formation parrainée par une entreprise, « donc avec un contrat quasiment assuré à la fin », avance Pôle Emploi. La conseillère Géraldine Ollive poursuit. « Même si elle est encore peu connue, la méthode par simulation a fait ses preuves. Les employeurs en sont généralement satisfaits. Ceux qui en viennent sont motivés, travailleurs. On observe également qu’ils sont plus fidèles à l’entreprise que les recrues traditionnelles. »

En Loire-Atlantique, Pôle Emploi recrute également par simulation dans les secteurs de l’agroalimentaire, de la restauration rapide, de l’administration publique, de l’aéronautique, du maraîchage ou de la téléphonie. En moyenne, un candidat sur deux suit le processus jusqu’à être présenté à un emploi.

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