Marne: Ils accusent à tort un prêtre de pédophilie, deux septuagénaires jugés pour «dénonciation calomnieuse»

JUSTICE Le prêtre avait été banni du diocèse et son nom révélé publiquement par le curé

20 Minutes avec agence

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Un palais de justice (illustration).
Un palais de justice (illustration). — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Un couple est jugé ce mercredi à Châlons-en-Champagne (Marne) pour « dénonciation calomnieuse ». Les deux septuagénaires avaient accusé un prêtre d’attouchements sur quatre enfants, rapporte Le Figaro.

En mars 2018, Marie-Jeanne et Jean-Louis Martin ont alerté la justice sur le comportement de ce prêtre. Ils prétendaient que l’homme se conduisait de manière inappropriée avec leurs petits-enfants, alors âgés de 14 et 16 ans.

Une dizaine de lettres de dénonciation

Lors d’un séjour chez leurs grands-parents, les deux ados auraient été pris en photo par le prêtre, avant que celui-ci ne propose au plus jeune de venir réparer son vélo. « Mes clients ont pris peur, ayant entendu plein d’histoires sur ce prêtre, explique l’avocat du couple au Figaro. Ils ont décidé d’écrire à l’évêque pour signaler les faits. »

En plus d’avoir alerté les autorités, les deux septuagénaires ont écrit à une dizaine de personnes, dont le procureur de Châlons, la Cellule permanente de lutte contre la pédophilie de la conférence des évêques de France et plusieurs associations de soutien aux victimes de pédophilie. Dans leur lettre, ils assurent que d’autres enfants du village auraient été abusés par le même homme.

Le prêtre mis hors de cause

Des accusations graves, qui ont amené l’évêque de Châlons écarter le prêtre incriminé et l’envoyer dans un lieu retiré. Par transparence, l’évêque a décidé de rendre publics le nom de ce prêtre et la sanction prise son encontre.

Finalement, l’enquête n’a rien donné. La victime présumée déclare elle-même n’avoir subi aucun abus. Après les auditions de près de vingt témoins, le prêtre a été mis totalement hors de cause.

Un litige locatif à l’origine de l’affaire ?

Un différend pourrait être à l’origine de cette affaire. Le couple avait obtenu la possibilité de loger à bas prix dans une des dépendances du prêtre en l’échange de services et travaux, confie une source proche du dossier au Figaro. Mais la situation aurait finalement dégénéré en un litige entre le prêtre bailleur et ses locataires.

Selon cette même source, le couple aurait eu recours à cette lettre pour se venger. Une version contredite par leur avocat : « Ils ont été exploités ! On leur demandait un travail à plein temps qui n’était au final pas payé. » Le parquet a finalement décidé d’engager des poursuites pour « dénonciation calomnieuse ». Le couple encourt jusqu’à 5 ans de prison et 45.000 euros d’amende.