Après de récentes agressions de conducteurs, Sud Rail demande le retour des contrôleurs dans les TER d'Auvergne Rhône-Alpes

SECURITE Le syndicat Sud-Rail alerte sur la multiplication des violences et incivilités dans les TER de la région et demande le retour des contrôleurs dans les trains

Elisa Frisullo

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Illustration en gare de Perrache.
Illustration en gare de Perrache. —
  • Le syndicat Sud-Rail, qui s’était mobilisé contre la suppression des contrôleurs dans les TER Auvergne Rhône-Alpes, dénonce une hausse de l’insécurité des conducteurs et des usagers dans les trains.
  • Le syndicat demande à la SNCF et à la région le retour des contrôleurs dans tous les TER.
  • La SNCF n’a pas souhaité réagir aux informations délivrées par le syndicat.

Pour les syndicats, il s’agit des agressions de trop. Ce lundi, Sud-Rail Alpes et Lyona alerté sur la multiplication des agressions et incivilités à bord des trains de la région Auvergne Rhône-Alpes, après des violences exercées récemment sur deux conducteurs TER. Des agressions survenues coup sur coup en Isère. « Le 19 février, un conducteur a été agressé à la gare de Tullins par un groupe de personnes qui traversait les voies parce qu’il leur a signalé que c’était interdit et dangereux », précise Jean-François Rogeon, délégué Sud-Rail et conducteur TER.

Le lendemain, à Réaumont, un autre agent aurait été violenté dans son train alors qu’il venait en aide à une voyageuse, agressée par son petit ami lors d’une dispute. « C’était juste derrière sa cabine, le conducteur a tout entendu et est intervenu. Il a essuyé quelques coups puis il a réussi à se mettre en sécurité avec la passagère dans sa cabine », ajoute le délégué.

Une violence en réelle progression ?

Pour le syndicat, ces agressions sont révélatrices d’un climat d’insécurité qui s’est développé dans les trains et les gares depuis la suppression des contrôleurs dans les TER, il y a plus de deux ans, et la baisse du nombre d’agents dans les gares. Au-delà de ce sentiment, la violence s’est-elle réellement multipliée ?

« Nous avons davantage de retours du terrain sur des agressions de contrôleurs, d’usagers et sur des incivilités. Mais il est très difficile pour nous d’obtenir les chiffres des agressions de notre direction », regrette Sud-Rail. « Tout ce que l’on craignait lors de la mise en place des trains avec le seul conducteur à bord se vérifie », ajoute Jean-François Rogeon, soucieux que la SNCF et la région Aura reviennent sur cette organisation. Et affectent de nouveau des contrôleurs dans tous les trains.

« La mission des contrôleurs n’a jamais été d’assurer la sûreté dans les trains ou les gares. C’est le rôle de la brigade ferroviaire et des services de polices et de gendarmerie », a réagi ce lundi un porte-parole de la direction régionale de la SNCF, préférant ne pas commenter davantage les propos des agents Sud-Rail. « Ce qu’ils disent n’engage qu’eux », ajoute-t-il, refusant de communiquer les chiffres liés à la sécurité dans les trains.

Un plan de sécurisation lancé par la région

Contacté par 20 Minutes, l’entourage du président LR d’Aura n’a pas souhaité réagir sur ce sujet précis. « Mais la sécurité dans les TER et les gares est la priorité de Laurent Wauquiez. La région a pris sa part de sa responsabilité en mettant en place un plan de 85 millions d’euros pour la sécurité des transports », rappelle un proche du président.

Dans le cadre de ce plan, 2 millions d’euros ont été consacrés à la création d’un centre régional de sécurité des Transports, inauguré en octobre 2018 à la Part-Dieu. Des agents de la police ferroviaire y sont notamment chargés de visionner et d’exploiter les images des caméras de vidéosurveillance installées dans les gares et les trains. D’ici à la fin du mandat, la région prévoit d’équiper en caméras les 123 gares (32 l’étaient déjà en octobre) et la totalité des rames TER du territoire.