«Gilets jaunes» à Toulouse: «Œdème au cerveau», dents cassées...14 personnes blessées portent plainte et lancent un appel

MOBILISATION Lors d’une conférence de presse, des personnes blessées à Toulouse au cours des manifestations des « gilets jaunes » ont lancé un appel

N.S. avec AFP

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Lors de l’acte 15 de la mobilisation des «gilets jaunes», le 23 février 2019 à Toulouse.
Lors de l’acte 15 de la mobilisation des «gilets jaunes», le 23 février 2019 à Toulouse. — F. Scheiber / Sipa

Depuis le 17 novembre, Toulouse s’affirme comme une place forte du mouvement des « gilets jaunes ». Ce lundi, 14 personnes qui affirment avoir été victimes de blessures lors des différents actes dans la Ville rose ont déposé plainte auprès du parquet. Agées de 23 à 63 ans, elles ont aussi lancé, avec d’autres signataires (31 au total), un « appel des blessé.e.s de Toulouse » pour dénoncer les violences policières.

Une dizaine d’entre elles était présente lors d’une conférence de presse pour témoigner de leur cas, dénonçant toutes des violences policières « arbitraires » et « abusives ». « Le mouvement des "gilets jaunes" a donné lieu à une répression policière et judiciaire sans précédent », a affirmé Claire Dujardin, avocate de nombreux blessés.

« Aucun des blessés n’a été poursuivi ou condamné, a-t-elle poursuivi. Beaucoup d’entre eux n’ont même pas été interpellés, et ceux qui l’ont été ont été rapidement relâchés. »

« On a été tabassés pour rien »

Yann, 39 ans, a été victime d’une fracture de la mâchoire avec onze dents cassées ou expulsées. Il a aussi été touché à l’avant-bras et à l’aisselle gauche. « Tabassé à coups de matraque » par des policiers le 19 janvier lors d’une manifestation nocturne, il indique avoir « perdu connaissance » et s’être « réveillé dans une mare de sang ».

Benoît, 29 ans, a été victime d’« un tir de Flash-Ball à la tête le 1er décembre », ce qui lui a valu plusieurs fractures du crâne, un œdème au cerveau et plusieurs jours de coma. « Si on est en liberté c’est qu’on est innocents. On a été tabassés pour rien », assure Michael, 37 ans, frappé « à coups de pied et matraqué ».

L’interdiction du LBD, entre autres, exigée

L’avocate Claire Dujardin dénombre depuis le début du mouvement « 467 signalements à l’IGPN (Inspection générale de la police nationale), près de 200 personnes blessées à la tête, 21 personnes éborgnées et cinq dont la main a été arrachée ». Elle reprend les signalements donnés par le journaliste indépendant David Dufresne.

Les signataires de l’appel exigent notamment « le retrait de toutes les forces policières non destinées ni préparées à la mission spécifique du maintien de l’ordre ». Ils réclament aussi « l’interdiction immédiate et définitive » de plusieurs armes, dont les Flash-Ball, les lanceurs de balles de défense (LBD) ou encore les grenades GLI-F4.